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25 octobre 2012

J'ai lu ( Eté - Automne )

J'ai lu ( Été - Automne ) par Mathilde
*A éviter sauf sous la torture
** Mais encore?!
*** Pas mal
**** Carrément ouais!
***** Fantastique, sublimissime...


Chroniques de Bob Dylan *****
En août dernier, Life de Keith Richards était le « livre rock » le plus vendu selon la FNAC, Chroniques de Dylan était alors 10ème. En septembre, Keith Richards était détrôné par Just Kids de Patti Smith...Tandis que Chroniques sortait du top 10... WTF ?!
Alors qu'il m'a été impossible d'aller au déjà du deuxième chapitre de Life (écriture pompeuse, prétentieuse, maniérée et surtout d'un ennui absolu), les cinq chroniques qui constituent le premier des trois tomes de l'autobiographie du folksinger sont presque passées trop vite. Elles racontent cinq épisodes de la vie de Dylan, dispersés dans le temps, de ses débuts à New York, aux enregistrements de divers albums en repassant par sa jeunesse, l'avant New York. Histoire de la construction d'un homme.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la musique, fil conducteur du livre, n'est pas présenté comme l'élément central de l'histoire (les nombreux livres dédiés à Dylan suffisent à expliquer les chansons, les paroles et le reste), Dylan est plus modeste et presque plus timide que jamais. Le succès est à peine évoqué, en revanche tous les petits détails (les cabines téléphoniques de NY, les références à la politique, aux autres groupes de l'époque) nous plongent dans une ambiance très particulière, celle des années 60-70-80. La réflexion est poussée, l'écriture est libre et poétique.
« Le bonheur ne se trouvait pas au bout de la route, quelle qu'elle soit, car il était lui-même la route. Elle m'a aussi recommandé d'être gentil, car la vie est peuplée de gens qui mènent une dure bataille. » Notes sur une partition (1ère chronique)
« ...mais mes concerts ne semblaient jamais rendre justice à l'esprit des chansons- balles lancées sans effet. » Oh Mercy (4ème chronique)

« Dans le Midwest, quand j'avais l'impression d'être jeune à perpétuité, la radio occupait largement mes pensées. » La terre perdue (2ème chronique)




Écriture, Mémoires d'un métier de Stephen King *****
« Pourquoi voulais-je écrire sur l'écriture ? Qu'est ce qui me faisait penser que j'avais quelque chose d'intéressant à dire sur le sujet ? […] Ou bien, pour l'exprimer autrement, je me refusais à écrire un livre, même un petit livre comme celui-ci, qui me donnerait l'impression d'être un cuistre littéraire ou un trou du cul transcendantal. »
« Ce livre n'est pas bien long, pour la simple raison que la plupart des livres qui parlent d'écriture sont pleins de conneries. Les romanciers, moi y compris, ne comprennent pas très bien ce qu'ils font, ni pourquoi ça marche quand c'est bon, ni pourquoi ça ne marche pas quand ça ne l'est pas. J'imagine qu'il y aura d'autant moins de conneries ici que le livre sera court. »

Écrire, on se demande souvent comment ça marche pour les auteurs à succès comme Stephen King (350 millions d'exemplaires vendus). Et bien voilà une réponse, partielle certes, mais une réponse. Une réponse personnelle, sincère et même assez hilarante. La première partie (CV) est une autobiographie, résumé des débuts littéraires (à l'age de 5ans) de l'auteur : ses premières publications, le succès. Pleine d'anecdotes franchement drôles, la partie CV permet de rentrer dans le livre en douceur.
Puis Qu'est ce qu'écrire (« De la télépathie bien entendu », télépathie entre l'auteur et le lecteur) et Boîte à outils donnent conseils et « petits trucs » utiles pour écrire (la grammaire, le vocabulaire : « Comme le disait la pute au matelot intimidé : « L'important, c''est pas ce que tu as, mon chou, mais comment tu t'en sers. » », le sujet, la page blanche, la thématique, le brouillon, les dialogues etc) toujours sur un ton léger et très direct.
Ce n'est pas une ligne de conduite à suivre pour tout apprenti écrivain mais un angle d'approche sur ce que pourrait être l'écriture si on s'y mettait sérieusement. L'amour de King pour son métier (et pour sa femme) est le fil rouge de ce petit manuel, on sent qu'il s'éclate et on réfléchit alors... Pourquoi j'écris ? Pourquoi j'aime écrire ? Pourquoi je veux écrire ?
La dernière partie, De la vie : un post scriptum, raconte l'accident de voiture dont l'auteur a été victime et comment celui-ci a influencé son écriture. Ce petit épilogue s'insère parfaitement dans le reste du livre : sincérité, expérience personnelle et modestie sont toujours au menu.
Écrire c'est un « travail solitaire qui peut être éprouvant, un peu comme traverser l'Atlantique dans une baignoire ».

5 leçons sur la psychanalyse de Sigmund Freud ****L’embêtant avec la philosophie de Freud, donc avec la psychanalyse, c'est qu'après avoir compris un minimum ce qu'il veut dire, tu te demandes sérieusement si tu dois aller consulter. C'est assez flippant en y réfléchissant tout ça : l'inconscient, l'omniprésence de la sexualité dans nos pensées, nos rêves, nos lapsus...Mais non pas moins intéressant ! Finalement, ça peut nous servir à nous poser des questions (existentielles ou pas d'ailleurs), tant mieux ! Une belle ouverture sur la pensée psychanalytique et autres bizarreries de ce genre. Incontournable !


L'existentialisme est un humanisme de Jean-Paul Sartre **
Je ne sais pas si j'ai tout compris, aussi, je ne me livrerai pas une analyse détaillée de l’œuvre... Ni même d'ailleurs à un résumé. Pour faire court et simple, en quelques mots à peine, Sartre explique sa philosophie : l'existentialisme, et décrit en quoi elle est humaniste.
Non, mais en vérité, il y a bien pire. Le livre pourrait faire 500pages, il n'en fait que moins d'une centaine et la lecture demande tellement d'attention et de concentration que l'aspect soporifique du titre est presque oublié. Et parfois on comprend même des choses... Et sur la plage, on a carrément l'air d'un intellectuel (ou d'un fou, à vous de voir) à côté de la fille sur la serviette voisine qui cache honteusement la couverture de Voici.
Il y a quand même plus funky comme lecture d'été, et pourtant, j'aime bien Sartre !
 

Zazie dans le métro de Raymond Queneau ****On nous a menti ! Zazie, pas une fois elle n'y entre dans ce fameux métro. C'est pas si grave, ce n'est pas comme si c'était la première fois qu'un roman nous mentait. Et puis au final qu'elle y aille ou qu'elle n'y aille pas dans ce métro, ce n'est pas très important.
Lorsqu'elle arrive à Paris, la jeune provinciale (Zazie) est fascinée par la capitale (et son métropolitain, mais ça on l'avait compris). C'est un peu la même fascination que j'avais ressenti en ouvrant le livre pour la première fois à environ 8-9ans. Néologismes, situations pittoresques, personnages extravagants et attachants, enchaînement hasardeux ; comme le dirait mon prof de littérature (oui, parce que Zazie est au programme cette année) : « un livre qui commence par un tel mot ne peut être qu'un éclat de rire ».
Un éclat de rire intelligent, une ode tendre à la tolérance et à la différence.




L'étranger d'Albert Camus ***Étrange cette histoire de meurtre sous le soleil éblouissant d'Algérie. Bizarre, cet homme qui n'éprouve aucun chagrin après la mort de sa mère et aucun regret après le meurtre qu'il a commis. Et pourtant, le lecteur en étant constamment placé côté personnage principal en arrive presque à comprendre...Paradoxe de l’absurde, ou seulement paradoxe de Camus ? Plongé dans une ambiance assez perturbante on en ressort perplexe, presque dérangé.


La métamorphose de Franz Kafka ***Imaginez, se réveiller un matin, impossible de se lever (jusqu'ici, ça ne doit pas être trop dur). Vous êtes devenu une sorte de cafard (on a déjà atteint une première limite de l'imagination). Maintenant pensez la suite : vous vous cachez dans la chambre, vous effrayez votre famille, vous la dégoûtez même. Vous êtes seul, horriblement seul.
Un concept intéressant que cette nouvelle. Entre dégoût et fascination on suit l'histoire de Gregor Samsa et de sa famille, impuissante face à la vermine qui a remplacé le jeune homme. Un livre trop sérieux et trop culte pour prendre sa lecture à la légère.

 

13 juillet 2012

Un trader ne meurt jamais, Marc Fiorentino

« Toujours la même chanson pour me réveiller. « Ventura Highway « , d'America. Je ne sais pas si je l'aime parce qu'elle porte mon nom ou pour le thème de guitare. Cela fait huit ans que le CD est dans mon réveil. Il a dû s'incruster. ». C'est en ce matin du 24 Mars 2008 que Sam Ventura prend une grande décision. Il va reprendre le trading. Refaire fortune. « Pas d'objectif fixé, mais une somme qui ne laisse aucune place à la discussion, un massif « Ouah ! Mais c'est une fortune ! ». En spéculant sur les marchés. C'est tout ce qu'il sait faire. Et une idée : « Si je tombe, je ne me relèverai plus. Si je réussis, je recommencerai à vivre ». Sa spécialisation, les bulles. Sa faiblesse, le timing. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Deux fois, il est parti à point. Et il a gagné. Beaucoup. Deux autres fois, il a couru. Et il a tout perdu. La dernière fois, c'était en 1999. Depuis, il n'a plus spéculé. Depuis huit ans. « Huit ans sans la moindre dose ». Empruntant à une amie de jeunesse, il va se relancer dans la course. La course à la fortune, la course contre le temps.

L'histoire commence avec cette décision, et le lecteur suit le personnage évoluer à travers son journal intime. Beaucoup de réflexions, pas mal de références, et un peu de chiffres. A travers ce livre, plus que de faire une description du trading, Marc Fiorentino nous découvre un homme lunatique, dépressif, mais qui a un espoir. Un esprit critique, humour plutôt noir, mais assez réaliste sur la société française et l'esprit humain. Il apporte une analyse de la crise des subprimes, et des conclusions (« heureusement que l'extrême-gauche et les syndicats n'y comprennent rien. Si ils savaient réellement ce qui se passe, ils auraient de quoi faire un Mai 68, quarante ans après, en plus violent. »). Il étudie la situation macroéconomique pour choisir ses cibles : « en gros, on se demande où va le monde ». Au fond, c'est simple : « Les États-Unis vont se transformer. Pour vingt ans. La Chine va s'écrouler. Pour dix ans. Allemagne va à nouveau dominer l'Europe pour vingt ans. L’Angleterre va sombrer à nouveau dans la bière pour dix ans. La France va dormir pour dix ans. Ça, c'est peut-être la seule chose qui ne change pas. ».Dans ce journal, il diffuse petit à petit son avis sur une multitude de sujets : des journaux (« J'ai acheté tous les journaux. Sur la couverture, une grande photo du couple Bruni-Sarkozy en visite chez la reine d'Angleterre. Le monde entier part en sucette, et tout ce qui intéresse les gens c'est l'ourlet de Carla Bruni. ») aux français (« Allons enfants de la paresse, le jour du loir est arrivé. ») en passant par les vins hors de prix qui sont « plus excitants que Clara Morgane en pleine action ».

Ce roman peut se lire de deux manières : soit en oubliant la partie finance, spéculation et économie, et en gardant simplement la description des états d'esprit du personnage, ou bien en se plongeant totalement dedans. Mais l'auteur, compatissant des non-initiés, apporte un point de pédagogie, ou une petite précision à la plupart des termes techniques, afin que le lecteur ne soit pas perdu à essayer de comprendre les contrats à termes ou les bulles immobilières. L'histoire se partage entre Eva, son ancienne associée qui le tourmente, sa volonté de faire fortune, une bulle sur le pétrole qui le détruit peu à peu, autant financièrement que psychologiquement, et une question qui revient souvent : « 21 Juin ou 21 Décembre ? » Un livre qui se lit facilement, on se laisse emporter par cet «ex-winner néo-loser ». Un livre à lire pour les vacances, de préférence assis dans le métro. 


Silvio


9 mai 2012

J'ai lu (Printemps)


J'ai lu (Printemps) par Mathilde

*A éviter sauf sous la torture
** Mais encore?!
*** Pas mal
**** Carrément ouais!
***** Fantastique, sublimissime...


Les Mots de Jean Paul Sartre ***
L'enfance de Sartre. Sans son père, dans l'appartement de ses grands parents avec sa mère. La découverte de la lecture, l'odeur des livres et puis l'écriture. Sartre retrouve son personnage d'enfant et livre par son intermédiaire une réflexion sur l'influence des événements arrivés à un enfant sur l'adulte. Le jeune Sartre est surprotégé et persuadé que le monde tourne autour de lui. A travers cet enfant c'est chacun de nous que Sartre peint.


Les Caractères de La Bruyère **
A part si on est féru de classicisme ou juste suicidaire, je ne vois sincèrement pas comment on peut tenir la lecture de ces 600pages. Le livre est constitué d'une petite partie composée d'anecdotes toujours d'actualité dans lesquelles on peut éventuellement se reconnaître et d'une énorme partie de répétitions, de caractères ennuyeux dans un style dépassé. L'étude est certes plus intéressante que la lecture mais le tout reste profondément soporifique.

Truisme de Marie Darrieussecq ***
Après Clèves (voir J'ai lu AutomneHiver) et son histoire sexuelo-morbide voici l'histoire sexuelo-métamorphose-glauque d'une esthéticienne/prostitué dans une société totalitaire et corrompue, qui se transforme en Truie. Rien de plus fou, et pourtant...On y croit. Les description sont réalistes (à croire que l'auteure a été Truie dans une autre vie) et le message assez perturbant.
Vallons-nous mieux que les porcs?



Une année studieuse de Anne Wiazemsky ****
Petite fille de François Mauriac, descendante d'une famille princière russe, Anne Wiazemsky raconte sa propre histoire dans Une Année Studieuse. Sa rencontre avec Jean Luc Godart, leur histoire d'amour, les films qu'ils tourneront ensemble, ses études à Nanterre. Tout y est. Racontée très simplement, l'histoire s'éloigne du format tabloïd et transforme des personnages célèbres en héros de roman, intimes du lecteur.

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de pommes de terre /The guernsey literary potatoe peel pie society de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows ***
Roman épistolaire sur la période post seconde guerre mondiale, The Guernsey...etc (oui le titre est long...) met en scène des personnages atypiques. Une écrivain fofolle, les habitants farfelus d'une petite île d'Angleterre, des éditeurs cyniques...
L'auteure traite un sujet difficile en y mettant assez d'humour pour accrocher le lecteur. Les lettres s’enchaînent et donnent au roman un aspect vivant et énergique.



Les Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos *****
« On s'ennuie de tout, mon ange, c'est une loi de la nature ; ce n'est pas ma faute. »
Des lettres encore. 18ème siècle, siècle des Lumières...Et du libertinage. Manipulations, bagatelles (sexe), couvent, amour et folie. 
Les personnages sont fascinants et hallucinants de réalisme. Transposé dans notre époque l'histoire ferait débat. C'est le temps qui nous sépare de ce siècle qui transforme le livre en miroir. Il permet ainsi de réfléchir : Au fond ne sommes nous pas tous des Valmont, des Merteuil, des Tourvel, des Danceny ou des Volange?

24 mars 2012

Le Sari Vert - Ananda Devi

Dans le cadre des Assises Internationales du Roman (AIR) 2012, la classe de 1ère L2 du Lycée St Exupéry travaille sur Ananda Devi, auteure Mauricienne qui sera présente à une table ronde aux Subsistances.



Nous avons lu le Sari Vert d'Ananda Devi. En voici quelques critiques, rédigées par les élèves de la classe (dont je fais partie), ainsi qu'une biographie de l'auteure.
Consigne : Critique 1300 caractères, biographie 700 caractères.

Les critiques seront publiées sur cet article au fur et à mesure des envois (ceci est un message subliminal destiné à ceux qui n'ont pas encore envoyé leur critique sur mon mail).

Un sondage qui décidera de la critique qui sera publiée dans Lyon Plus est disponible dans la colonne droite du blog. 

Si vous souhaitez le mélange de plusieurs critiques, merci de le publier en commentaire de cet article. Tout autre commentaire (sur les critiques, la photo, la biographie...ou même votre propre critique) est évidemment le bienvenu.

Biographie : 
Ananda Devi, auteur mauricienne née en 1957 publie romans, recueils et nouvelles depuis ses 19ans. Anthropologue passionnée de littérature, c'est tout naturellement qu'elle sonde et parcourt sans aucune gêne les caractères extrêmes des personnages de ses romans. Qu'ils soient hommes ou femmes, jeunes ou vieux, bons ou mauvais, elle les rend unique. Elle communique au lecteur souffrance et chocs dans un style mis à nu, mordant mais poétique. L'île Maurice qu'elle décrit, cœur ou décor de ses romans, est loin de l'image idyllique des cartes postales.
Elle compte désormais parmi les écrivains les plus productifs de sa région. Elle a notamment obtenu le prix des cinq continents de la francophonie.


Mathilde (Our Degeneration)


Critique de Claire F (1185 signes) :

Une fin attendue, des regards noirs de haine, lourds de reproches et une atmosphère morbide. Ainsi ce déroule les derniers jours du Docktor, veillé par Kitty sa fille et Malika sa petite fille. Au fur et à mesure des provocations, des manipulations, et des bribes de souvenirs troubles qui resurgissent, un déferlement de haine s'abat sur cette famille fraichement recomposée. Lorsque le dégout des vivants atteint son comble pour l'homme en décomposition, il se fait tourmenter par les morts et leur regard pâle, dénué de parole. Le Docktor ne craint rien, ni de battre sa femme, ni de voler l' enfance de sa fille, ni de se faire infester par les fourmis... Non, ce que le Docktor craint c'est le regard vide et muet de sa femme greffé dans les yeux de sa fille, le jugeant , lui privé de toute pudeur. Ainsi l'homme toujours respecté désormais nu et dépouillé, ne pouvant plus dissimuler ses horreurs et pensées exécrables qui lui paraissent si naturelles; ne pouvant même plus s'échapper de son pathétique lit de mort maculé de taches. Ce livre soulève de lourds problèmes de fond comme la violence faite aux femmes et l'homophobie, mais cette fois à travers les yeux du bourreau.

Critique d'Astrid M (1316 signes) : 


Dans la maison de sa fille Kitty, à l'île Maurice, le docteur va mourir. L'âge et la maladie ont fait de son corps une prison en décomposition pour son esprit aiguisé : « Le cancer n’a toujours pas eu raison de ta méchanceté » constate sa petite fille Malika. Ses réflexions révèlent un monstre de cruauté, pétrit d'un humour grinçant. Le «Dokter-Dieu», ancien médecin estimé, qui avoue être seulement capable de maintenir, pour un temps indéfini, ses patients tout au bord du gouffre. Cet homme qui semble concentrer tous les traits les plus repoussant de la condition masculine approche de si près la réalité qu'il ne peut paraître invraisemblable. Son monologue intérieur est une apologie de soi qui fait entrevoir cependant ses failles personnelles. Entre lui, sa fille et sa petite fille nait une véritable lutte à l'image de la violence de leurs relations. Dans la petite chambre, chacun ses armes à la main, se dévoile dans un ballet de reproches, d'insultes, de manipulation et de haine mélée d'amour. Et, sur ce huis-clos glaçant, règne la figure mystérieuse de la mère, morte très jeune. Le sari vert, servit par un style fin et efficace illustre les violences faites aux femmes, aux enfants mais aussi la violence d'un système patriarcal et d'une île Maurice très différente de celle des cartes postales.

Critique d'Alice J (1195 signes) :

Un vieux médecin, le  « Dokteur-Dieu » retourne, à l’agonie chez Kitty, sa fille. En sa compagnie et celle de sa petite-fille, cet home antipathique et affreusement dérangeant revient sur son existence. Le lecteur découvre alors son parcours, sa personnalité complexe et détestable. Au milieu de ses nombreux reproches adressés aux deux femmes qui l’entourent, un terrible secret est sur le point d’éclater : les véritables circonstances de sa femme.
Comment rester de marbre devant cet être infect et perturbant ? Ce roman crée un contraste déroutant entre la beauté, la précision de l’écriture et l’atrocité du personnage ? Cet homme exécrable arrive tout de même à partager le lecteur. Il se justifie, excuse son comportement avec arguments et conviction. Il émet peu de regrets et réussit presque à persuader le lecteur que ses actes sont normaux et légitimes…jusqu'à ce que les femmes prennent la parole ou le torturent mentalement. Ces femmes ont subi la monstruosité de cet homme, mais parviennent pourtant difficilement à éveiller la compassion du lecteur, déstabilisé par leurs paroles crues et acérées. Une grande violence morale et physique ressort de ce roman poignant et dérangeant.

 
Critique d'Agathe B (1295 signes) : 

Alors qu'il vit ses derniers jours, rongé par la maladie, le « dokter-dieu » se réfugie chez sa fille Kitty. En quête d'identité, deux femmes, Kitty et sa fille, vont pousser le vieil homme à revivre les meilleurs, comme les pires moments de sa vie. Qui est cette mère que Kitty a à peine connu ? Et surtout pourquoi ? Pourquoi ce mystère autours de sa mort ? Dévoilée dans un style épuré mais captivant, mêlant fantasmes, souvenirs et réalité, sans jamais perdre le lecteur, leur histoire est racontée à travers l'esprit du vieillard, monstrueusement dominateur. Trois femmes hantent ses pensées : son épouse, qu'il a à la fois aimé et haïe, jusqu'à sa disparition brutale ; la jeune Kitty laissée à la merci de son père, comme éternelle déception du docteur qui « l'aimait trop », avec qui la violence était le seul moyen de communication; et enfin sa petite-fille, qui le dégoûte tellement. C'est ainsi que l'auteure mauricienne Ananda Devi, avec le Sari vert, nous plonge au cœur d'un huis-clos sombre et tourmenté, se développe un dialogue violent, alternance de haine, de tendresse, de colère et de peur entre les trois personnages. Le lecteur se retrouve ainsi happé par ce livre, qui dans toute son horreur, fascine et obsède les pensées du lecteur, longtemps après la dernière page.

Critique de Our Degeneration (Mathilde D) (1302 signes) :

« Écoutez-moi si vous le voulez ou bien foutez le camp. »
Brut ?Violent ? Cru ? Non, beaucoup plus. Dès les premières pages Du Sari Vert, Ananda Devi nous plonge au cœur du vice. Un homme, sur son lit de mort. Autrefois docteur le jour et tortionnaire la nuit. Des deux situations, il n'a conservé que la seconde. Ses victimes ? Les trois femmes de sa vie, radicalement différentes. Sa jeune épouse, morte en silence, sa fille translucide et sa petite fille en quête de liberté. C'est au travers des yeux du monstre, dans un huis clos angoissant qu'on entend l'histoire de cette famille. Cruauté pure, humour grinçant, l'auteur nous enferme dans la souffrance quotidienne de milliers de personnes souvent oubliées par les médias. Grâce à un style piquant parfois même presque dérangeant, elle traite aussi bien de la vieillesse que de l'homosexualité, de la violence que de l'amour. Sans aucun tabou, avec une vérité qui fait mal. Le personnage est antipathique mais on ne peut s’empêcher d'être impressionné. L'intrusion dans ses pensées et ses réflexions les plus profondes est troublante et procure une foule de sentiments contradictoires. On se perd entre souvenirs et dialogues, mêlés sans distinction. Et tout au long d'une lecture compulsive, le monstre nous entraîne dans sa descente aux enfers.

Mélange d'Agathe :
1ère version:« Écoutez-moi si vous le voulez ou bien foutez le camp. »
Brut ?Violent ? Cru ? Non, beaucoup plus. Dès les premières pages Du Sari Vert, Ananda Devi nous plonge au cœur du vice, dans un huis clos sombre et tourmenté, où se développe un dialogue violent, alternance de haine, de tendresse, de colère et de peur. Dans la maison de sa fille Kitty, le « dokter-dieu » va mourir. L'âge et la maladie ont fait de son corps une prison en décomposition pour son esprit aiguisé. Docteur le jour, tortionnaire la nuit, des deux situations, il n'a conservé que la seconde. Ses victimes ? Les trois femmes de sa vie, radicalement différentes. Sa jeune épouse, morte en silence, sa fille translucide et sa petite fille en quête de liberté. Dévoilée dans un style épuré mais captivant, mêlant fantasmes, souvenirs et réalité, sans jamais perdre le lecteur, leur histoire est racontée à travers l'esprit du vieillard, monstrueusement dominateur. (Pourtant, à mesure des provocations, des manipulations, et des bribes de souvenirs troubles qui resurgissent, ces femmes n’éveillent que peu la compassion du lecteur, déstabilisé par leurs paroles crues et acérées.) Ce dernier se retrouve ainsi happé par un livre qui dans toute son horreur, fascine et obsède les pensées du lecteur, longtemps après la dernière page.
2ème version (mélange de Mathilde basé sur celui d'Agathe):

« Écoutez-moi si vous le voulez ou bien foutez le camp. »
Brut ?Violent ? Cru ? Non, beaucoup plus. Dès les premières pages Du Sari Vert, Ananda Devi nous plonge au cœur du vice, dans un huis clos tourmenté, où se développe un dialogue violent, alternance de haine, de tendresse, de colère et de peur. Dans la maison de sa fille Kitty, le « dokter-dieu » va mourir. L'âge et la maladie ont fait de son corps une prison en décomposition pour son esprit aiguisé. Ancien médecin le jour et tortionnaire la nuit. Des deux situations, il n'a conservé que la seconde. Ses victimes ? Les trois femmes de sa vie, radicalement différentes. Sa jeune épouse, morte en silence, sa fille translucide et sa petite fille en quête de liberté. Dévoilée dans un style captivant, mêlant fantasmes, souvenirs et réalité, sans jamais perdre le lecteur, leur histoire est racontée à travers l'esprit du vieillard, monstrueusement dominateur.
Le personnage est antipathique, l'intrusion dans ses pensées les plus profondes est troublante et sa manière de transformer les femmes qui l'entourent en monstre procure une foule de sentiments contradictoires. Pitié ? Dédain ? Le lecteur se retrouve ainsi happé par un livre qui dans toute son horreur, fascine et obsède ses pensées, longtemps après la dernière page.

(Mathilde)



29 décembre 2011

J'ai lu (Fin Automne-Début Hiver)

J'ai lu (Fin Automne-Début Hiver) par Mathilde

*A éviter sauf sous la torture
** Mais encore?!
*** Pas mal
**** Carrément ouais!
***** Fantastique, sublimissime...
Clèves de Marie Darrieussecq ***(*)

Prenez une page au hasard dans le livre. Vous avez 4 chances sur 5 de trouver une page qui parle de sexe. Clèves c'est l'histoire de Solange, jeune fille dans un village perdu : Clèves. Solange vit ce qu'aucune jeune adolescente ne voudrait...ne devrait vivre. Et le pire est que vous le vivez avec elle. L'absence de ses parents, ce monsieur bizarre qui la garde, ses copines insupportables, des hommes obsédés par leur désir, ses fantasmes, ses plaisirs sado-masochistes, ses règles abondantes et enfin sa décadence...C'est l'anti-princesse de Clèves, l'opposée totale. Pas de vertu dans ce livre. Presque QUE du sexe en trois parties : Les avoir, le faire et le Refaire. Vous pensiez être ouvert, vous pensiez ne jamais être choqué et bien vous aviez tort. Vous êtes plongé dans les fantasmes de cette gamine, dans ces expériences de la vie sexuelle (pas amoureuse...sexuelle. Au sens propre du terme). Vous êtes dans sa tête de fille marginale de 10, puis 12, puis 16ans. Et ça vous gêne. Horriblement. L'écriture est très crue et dérange au plus profond de l'âme du lecteur. Mais est ce que ce n'est pas ça un bon livre ? Quelque chose qui vous fait ressentir ce dont vous n'avez pas l'habitude ? Oui et non à la fois : il y a des limites. On observe deux cas de figure : Vous ne pouvez pas décrocher du livre, l'écriture percutante, rythmée et très imagée fait son effet .Ou vous ne pouvez pas le finir, vos dents grincent et tout est poussé à l’extrême.
L'auteur a été traité de pornographe. Le qualificatif est trop fort. Marie Darrieussecq nous met juste face à des situations gênantes, désagréables. Et on comprend que ça ne plaise pas à tout le monde. Mais est ce une raison pour menacer l'auteur ? Je ne pense pas.
Je ne sais toujours pas si j'ai aimé Clèves, roman d'apprentissage des plus dérangeants qu'il existe.

Mes années Cuba de Eduardo Manet ****

Livre à la fois autobiographique et historique. C'est son histoire que l’auteur raconte : né cubain en 1930 de parents espagnols immigrés il grandit à Santiago de Cuba puis à La Havane, entouré de socialistes, communistes et autres intellectuels de l'époque. Les guerres (espagnole ou mondiale) ainsi que l'histoire cubaine influencèrent beaucoup son enfance. Il quitta son île natale bien avant la révolution de 1958 pour Paris, ville des rêves de sa mère. La bas il suivit l'actualité cubaine tout en menant des études de théâtre. Puis il est rappelé à Cuba, pour servir le nouveau régime. D'abord enthousiaste il s'aperçoit vite que la politique de Castro est vouée à l’échec. En 1968, il quittera l’île.
Le parallèle entre sa propre histoire et celle de son pays apporte au lecteur une connaissance globale de la situation cubaine du 20ème siècle très intéressante. L'écriture humoristique et piquante (à la cubaine) fait oublier le côté historique du roman.


Pouvoir tout dire de Paul Eluard illustré par Françoise Gillot *****
Recueil de poème bouleversant. J'avais découvert Eluard étant petite avec une version illustrée du poème Liberté. Depuis, ce poète résistant figurait parmi mes préférés. Confirmation avec ce recueil d'après guerre qui parle d'amour, de la nature humaine et autres sujets communs. Le talent du poète réside dans la manière dont il accommode ces sujets.

Les Fleurs du mal de Baudelaire ****
Ultra connu et on comprend pourquoi. La douleur, l'amour et autres émotions à leur état pur. L'essence de toutes choses bu d'un seul trait, comme un cul sec d'alcool fort.

Joy Division de Kevin Cummins ****
Archives/Photos/Interviews des survivants de Joy Division. Un petit bijou rock and roll. Les images sont belles, tout simplement.

Le Grand Meaulnes ***
Célèbre classique. Une quête vouée à l’échec. L'Homme recherche le bonheur, le trouve, est déçu...Finalement ne serait-ce pas la quête même du bonheur qui en procure ?

Et aussi
Lorenzaccio d'Alfred de Musset ***
La Guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux ***

15 décembre 2011

"L'ombre du vent" par Sophie et Zoé !






L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafón, 2001.




L'avis de Zoé 

C’est dans une Barcelone sombre et mystérieuse qu’évolue Daniel Sempere, enfant puis
jeune homme dont l’histoire rencontre, au détour d’un couloir du Cimetière des Livres
Oubliés, celle d’un livre qui va changer sa vie. L’ombre du vent.
Parfois à la limite du fantastique, Carlos Ruiz Zafon nous embarque dans un univers
rempli de vie et de littérature. Entre rencontres et concours de circonstances, on suit le
personnage dans un labyrinthe d’aventures et de rêves.
Jusqu’au bout plongée dans l’histoire, j’ai eu bien du mal à m’en détacher.
Belle écriture, magnifique contexte (Barcelone...), histoire incroyable, autant de raisons
de le lire, et d’urgence.



L'avis de Sophie

Barcelone, 1945.
Tout d’abord, une histoire s’ouvrant sur un lieu. Un lieu magique, enfoui et pourtant essentiel. Un lieu gardé secret... Le Cimetière des Livres Oubliés. C’est dans cette bibliothèque remplie de milliers d’ouvrages, tombés dans l’oubli, que Daniel découvre le livre qui va bouleverser sa vie : L’Ombre du vent, de Julián Carax. Il le découvre comme une évidence, sachant que le livre l’attend depuis bien avant sa naissance. En le lisant ce soir-là, Daniel découvre un monde merveilleux et infini, celui de la lecture. (« Rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s’ouvre vraiment un chemin jusqu’à son cœur. ») Envoûté par cet ouvrage, il décide de se renseigner sur son auteur, mais découvre rapidement que personne ne semble le connaître. Il entreprend alors une quête dans la Barcelone de l’après guerre civile pour reconstituer, petit à petit, la vie de cet écrivain oublié depuis des années, découvrant des secrets enfouis plus profondément les uns que les autres, et la tragique destinée de cet auteur maudit. Daniel fait alors des rencontres, certaines enrichissantes, d’autres terrifiantes, comme un homme qu’il prend pour la représentation du Diable et qui le pourchasse en essayant de le convaincre de lui donner l’Ombre du Vent, qu’il souhaite brûler, comme tous les autres romans de Carax...
L’existence du romancier est inextricablement liée à la sienne, elle lui apprend à vivre, profiter, aimer, en parallèle avec les recherches qu’il effectue pendant des années, jusqu’à avoir découvert l’impossible vérité.

Ce livre nous plonge dans un univers mystérieux où doutes et suppositions nous forcent à passer de longues nuits à le dévorer, pour découvrir en même temps que le narrateur la réalité de la vie, apprendre de ses désillusions et s’interroger sur nous-mêmes. Ou comment finir la lecture avec l’esprit déconnecté et les larmes aux yeux... Pour les amoureux de l’imagination et des livres.
(« l'art de la lecture meurt de mort lente, c'est un rituel intime, un livre est un miroir où nous trouvons seulement ce que nous portons déjà en nous, lire est engager son esprit et son âme, des biens qui se font de plus en plus rares. »)

La suite de ce livre, du même auteur : Le Jeu de l’Ange.

30 novembre 2011

"Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen" par Silvio !



Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen,  Arto Paasilinna. (**** cool)


Si l'on devait résumer en un mot, ce serait : loufoque. Mais le terme est assez réducteur pour ce livre...
Pour ses cinquante ans, le pasteur Oskari Huuskonen se voit offrir un ourson orphelin dont ses voisins cherchent à se débarrasser. Cet événement va marquer un tournant dans la vie de l'homme. Déjà critiqué par ses supérieurs ecclésiastiques pour ses prêches déjantés et par les habitants de sa paroisse pour sa pratique du lancer de javelot ascensionnel, le pasteur va se retrouver congédié à la fois par son église et par sa femme. Il va alors se réfugier dans la caverne qu'il a construit pour que Belzéb, son ours, hiberne, motivé aussi par la présence à l'intérieur de cet abri de la biologiste Sonia Sammalisto. Le printemps venu, ayant décidé que plus rien ne le retient, le pasteur Huuskonen décide de s'en aller dans un voyage vers nulle part..
Un ours dressé à faire le signe de croix et le repassage des chemises, un message radio venu de l'espace, un vendeur de sauna finlandais qui tente d'écouler sa marchandise à Malte, etc... Bref, un joli cocktail de douce folie, qui fait rire tout le long de l'ouvrage, et accompagné d'une réflexion sur les croyances et les religions, dans l'esprit du pasteur déchu qui doute de plus en plus de sa propre foi.
Un livre pour passer un bon moment de détente, que l'on finit le sourire aux lèvres et éventuellement quelques questions dans la tête :) 

A lire du même auteur : Petits suicides entre amis, Le lièvre de Vatanen.

Silvio !

9 septembre 2011

J'ai LU (Cet été)

J'ai LU (Cet été) par Mathilde

* Pas très recommandé
** Sans plus
*** Pas mal
**** Cool
***** Fantastique

Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena 2010 ****
Dans la campagne allemande, dans une famille de femmes, la petite dernière hérite de la maison de sa grand mère et des souvenirs qui la peuplent. DD, Descriptions Délicieuses, nos cinq sens sont mis à contribution, on sent l'odeur de la compote, on touche le satin d'une vieille robe, on voit les eaux noires du lac, on goute les groseilles et on entend le vieux parquet craquer. Une belle réflexion sur l'Oubli et le Souvenir.


Eclair de chaleur/Summer Moonshine Wodehouse 1938 *****

Est ce chaleur ou de fraicheur dont nous parlons? Sur une plage du sud c'est comme si tout d'un coup une petite brise se glissait entre les rayons du soleil. De l'humour anglais à la pelle, des dialogues à mourir de rire. On se croirait dans une comédie de Molière qui ridiculise l'aristocratie. Les quiproquos s'enchainent dans un manoir anglais pleins de résidents délirants. Dès le début on est happé par le burlesque des situations. On attend qu'une seule chose: le dénouement, mais lorsqu'il vient on ne veut qu'une seule chose : que ça continue!!!

Ne pleure pas ma belle de Mary Higgins Clark 1988 ***
Roman noir de la fin des années 80. Un meurtre sordide, un procès à l'américaine, une enquête personnelle, tout ça avec pour toile de fond un hôtel spa luxueux sur la côte ouest. Au fil de l'histoire le suspect change toutes les 10 pages, mais finalement le premier était le bon. L'histoire est bien menée, légèrement clichée sur la fin...Dommage.

Roberto Zucco de Bernard Marie Koltès 1988 ***
Tout va très vite dans cette petite pièce de théâtre. Une demie heure de lecture suffit pour la lire ce qui nous laisse un peu sur notre faim. L'histoire, très étrange certes, est très touchante et les dialogues, surréalistes parfois, sont pleins d'émotions.

Un barrage contre le pacifique de Marguerite Duras 1950 **(*)
Marguerite Duras est LA reine du baratin incontestée. On pourrait raconter la même histoire en 10 pages. Indochine, 1931, une mère et ses deux enfants en galère, un prétendant pour sa fille, des cadeaux, un diamant et le déclin pur et simple. Et pourtant... L'écriture est belle, fine avec tant de belles images qu'il serait impossible de n'en citer qu'une. L'idée de dégradation, de folie est très bien illustrée et c'est en ça que le roman prend de la valeur.


La princesse de Clève de Mme de Lafayette 1678 ***(*)
THE classique. Tout le monde en parle et on comprend pourquoi. Il faut du courage pour passer les 20 premières pages qui ne sont qu'une liste de noms de personnages alignés mais le reste est tellement beau que ça en vaut la peine. Impossible de ne pas comprendre la Princesse, impossible de ne pas tomber amoureuse du Duc de Nemours. A l'image de l'écriture, le roman est majestueux et dépeint magnifiquement les déboires amoureux. Le refus de l'amour est-il égal au refus de la souffrance? Et le bonheur éprouvé ne compense-t-il pas la peur de l'abandon?

Hell de Lolita Pille 2002 **(*)
Cliché de la jeune écrivain pop-rock-trash français, Lolita Pille écrit sur le mal être des fils et filles de bourges. 18Ans, drogués, capricieux, paresseux, insupportables. Les personnages pensent être plus intelligents que le reste du monde, inintéressant, constitué de la classe moyenne et des « pauvres ». Des personnages antipathiques, une histoire qui n'en ai pas une puisqu'il est impossible de s'identifier au personnage...Pourquoi alors aime-t-on? Premièrement, l'écriture, phrase courtes, tranchantes, écriture crue au cynisme implacable. On a l'impression d'être dans la tête du personnage, ce qui n'est pas très flatteur car personne, je dis bien personne n'aimerait être Hell...« Hell dépense chaque semaine l'équivalent de votre revenu mensuel, fait l'amour comme vous faites vos courses, prend de la coke comme vous fumez des clopes, passe ses nuits dans les boîtes les plus chères de Paris, est griffée de la tête aux pieds, ne fréquente que des filles et des fils de . Sans oublier l'essentiel : elle vous méprise profondément », sauf que l'argent ne fait pas le bonheur « mais alors...personne n'est heureux »...Avouez que ça vous fait envie...
Deuxièmement, les citations, nombreuses de Ferré, Baudelaire qui ont le mérite d'aller parfaitement avec le contexte.
Bref, agaçant mais assez pour être intéressant.

Enterrez moi sous le carrelage de Pavel Sanaïev 2009 ****
Sacha, moscovite de 7ans, Sacha enfant abandonné à ses grands parents, Sacha, enfant fragile. Il aime sa mère (il veut même, s'il meurt qu'on l'enterre sous son carrelage pour la voir tout le temps) sans oser le dire à sa grand mère qui a donné sa vie pour lui. Sa grand mère "l'aime". Démesurément. Elle est folle, lui innocent. Entre rires et émotions l'auteur nous emmène d'anecdotes en anecdotes (le livre est sous forme de nouvelles) pour un voyage plein de vie et d'humour. Les insultes proférées par la grand mère sont une des raison pour lesquelles il Faut lire ce livre...


Et les Chroniques de San Francisco 7 et 8. (Voir article du 2 août).