Affichage des articles dont le libellé est Chanson de la semaine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chanson de la semaine. Afficher tous les articles

13 décembre 2013

Chanson de la semaine #35 - Live Report - Joe Bel ( + Benjamin Siksou)

Ma chanson de toutes les semaines

Joe Bel
In Chains
Juin 2013



Un an s'est écoulé depuis notre première chronique sur Joe Bel. Un an pendant lequel à aucun moment on ne s'est lassé d'écouter régulièrement ses chansons. Un an pendant lequel la jeune demoiselle a sorti une Recording Session de In Chains (juin 2013), chanson qui est devenue peu à peu ma chanson de toutes les semaines. Celle qu'on peut écouter en boucle sans s'en rendre compte, que l'on peut oublier pendant quelques jours et retrouver, toujours avec le même plaisir, un peu plus tard. C'est le genre de chanson qu'on dit adaptable car adaptée à toutes les humeurs, à tous les moments de la journée, à toutes les personnes de votre entourage...

Et le 4 décembre (enfin!), aux Trois Baudets, dernier concert de l'année à Paris, entre Louis-Ronan Choisy et Benjamin Siksou : Joe Bel.
Difficile de cacher qu'on était venu que pour elle et de ne pas oublier les deux charmants artistes qui jouaient le même soir.
La configuration de la salle (places assises) se prête à l'atmosphère intimiste qui émane du duo guitare-voix formé par Joe Bel et son musicien. Même si on regrette parfois l'absence d'une basse (In Chains) ou celle de discrètes percussions (un petit œuf tout simplement), la puissance de la voix dans toutes ses nuances est juste poignante. Tour à tour énervée, timide, joueuse, amoureuse, c'est encore par sa sincérité et sans jamais en rajouter des tonnes qu'elle nous emmène dans un petit univers où tout paraît simple, et vert, couleur fétiche de la jeune chanteuse. Cette simplicité va jusque dans les explications timides des titres - avec une voix qui rappelle (c'est frappant) celle de Léa Seydoux - mais aussi jusque dans les accompagnements à la guitare: sans prétention apparente mais très subtiles et parfaitement maîtrisés.
Comme souvent le live permet de découvrir l'intensité de chansons qu'on avait manifestement manquée dans les versions enregistrées. Ainsi se révèlent Ten et All the Boys. Before occasionne insensiblement toujours les mêmes frissons. Mention spéciale pour Go Down, inconnue jusqu'alors et (donc) coup de cœur surprise (personnel) de la soirée.
Deux conclusions inéluctables après un tel moment : Vivement le prochain concert (avec une formation plus complète peut être) et surtout VIVEMENT L'ALBUM!

Un ou deux mots sur Benjamin Siksou :
Même s'il fait sonner l'anglais mieux que beaucoup de chanteurs de notre beau pays réunis...Quel plaisir d'entendre une si belle voix se consacrer à la langue française. Il manque peu (quelques rimes plus heureuses en l’occurrence) au chanteur pour devenir un beau poète, un jeune homme à la tête de chou.
Sa présence en musique et entre les morceaux n'est pas des moins charismatiques, on lui pardonnerait tout, même de s'arrêter en plein morceau pour cause de mauvais placement de capo.
L'instrumentalisation est légère et groovy et même si elle manque parfois d'audace (surtout dans les solos de guitare électrique) on est tout de même transporté dans un temps qui semble être différent. Un temps dans lequel on écoutait du jazz dans des clubs, assis. Un temps dans lequel on entendait chaque instrument sonner et pas tout un panel de sons psychédéliques qui se mêlent souvent sans harmonie et sans maîtrise de la part de jeunes groupes qui ne se connaissent pas encore et qui connaissent encore moins leurs machines. Non, là on entend un basse, assez monstrueuse soit dit en passant, une batterie jazzy et une voix charnelle. Tous les ingrédients pour que le mélange ait bon goût.
Que manque-t-il alors à Benjamin Siksou pour que l'alchimie soit complète? Et bien il manque parfois la petite étincelle, l'accord qui fait l'originalité du morceau, la phrase qui claque sans avoir besoin d'être répétée.
On peut imaginer qu'au bout d'un ou deux albums, la formule magique agira. A ce moment là, l'extase sera pleinement justifiée (ainsi que la mise en cage de toutes les midinettes pour des raisons de sécurité)!

Mathilde

11 juin 2013

Chanson de la semaine #34

3 years
Salmon Fishers
Karuselli
2013



http://www.deezer.com/fr/album/6670766

Tube de l'été - Our Degeneration
On rêve d'évasion, de paysages qui défilent et de liberté. Et tout est là, dans cette chanson. L'horizon se dégage et on voit apparaître l'été.
Petit avant goût de l'EP Karuselli qui sortira à la rentrée, 3 years en est le premier single. Si on pouvait mettre le soleil sur pause d'ici là, l'attente serait moins longue. Pour patienter, les InRocksLab vous invitent gratuitement à la demie-finale de leur concours.
Salmon Fishers - Perfect Hand Crew - Grand Balcony Twang Machine.
C'est au Transbordeur le 27 juin et pour prendre vos places c'est ici.

La recette du saumon n'a pas changé et le charme qu'on avait trouvé à l'écoute des premières chansons est toujours présent, l'assaisonnement est seulement un peu plus relevé, plus personnel. Goûteux, gourmand, graphiquement impeccable... On se croirait presque dans Top Chef!

"It's too late to be on the edge!"
Il n'est pas trop tard, les Saumons ne sont pas encore en voie de disparition!
Les chansons d'été donnent souvent l'impression qu'on ne retombera jamais du petit nuage sur lequel on est perché, que tout cela est éternel. "Now we can dance forever". Sont-ce les cuivres ou le petit côté electro (plus poussé que dans les EP précédents) qui accentuent cette sensation? Dans tous les cas il n'est pas encore arrivé le moment où la pop orchestrale des Salmon Fishers quittera nos oreilles! On replonge avec eux!

Mathilde

7 juin 2013

Chanson de la semaine #33

Dehors
Billie
Le Baiser (Sortie fin 2013)


https://www.youtube.com/watch?v=EWWjEJpPsis


A l'époque de l'écriture de la chanson, on en parlait surement plus. Aujourd'hui, moins médiatisés mais toujours d'actualité, les reconductions de sans papiers à la frontière sont mises à l'ordre du jour grâce au clip de Billie sorti hier.

C'est l'effet papillon : une expulsion et le débat sur l'immigration est relancé. On part du particulier, on arrive au général. On part de France et on arrive "Dehors".

C'est l'effet papillon : la chanson commence minimaliste et s'amplifie. Les voix et les synthés s'ajoutent. "Dehors, Dehors!", le texte prend plus d'ampleur et se détache de ceux, plus féeriques, des chansons comme  La fille de Peter Pan ou L'Amour Amer.
Billie s'engage et se dégage des clichés sans ranger les immigrés dans des cases : Estelle, Abdel, Marie, Ali, Daniel, Miguel, Fatih, Nelly, considérés en tant qu'individus et non comme une masse sans identité!

C'est l'effet papillon : dans le clip, on part d'un détail, d'un œil, d'une parcelle de peau. Qu'elle soit mate ou d'une blancheur immaculée, parsemée de tâches de rousseur, de rides ou recouverte d'une barbe, peu importe! Que les dents n'aient pas encore poussé ou qu'elles aient déjà beaucoup vécu, peu importe, les bouches elles, disent toutes le même message!
De ces bouches, symboles du Baiser (nom de l'album à venir - fin 2013), on découvre ensuite les visages, les mains. On finit en beauté sur un tableau digne des photos de familles italiennes vulgarisées par Dolce & Gabbana...A la grande différence que le clip est dénué de tous les artifices du décor et des tenues. Il y a seulement des personnes dont on a l'impression de connaître le prénom et les revendications!


Mathilde

28 mai 2013

Chanson de la semaine #32

Taro
Alt - J
An Awesome Wave

Parlons d'abord sans paroles :

Parlons de la quiétude et de la mélancolie qui naissent alors même que l'histoire nous est étrangère. 
S'il fallait décrire cette musique, il faudrait user d'images, de couleurs car les mots manquent.

Quand je l'entends, je me représente un tableau de Monet, sa collection d'estampes, ses ponts japonais et les nénuphars sur les canaux qu'ils enjambent ; tout cela pour le côté asiatique mais pas seulement. C'est aussi pour l'impressionnisme et toutes ces petites taches et détails qui forment l'oeuvre, son tout. Les paysages sont calmes, paisibles en apparence alors qu'ils regorgent d'une explosion de couleurs. 
L'harmonie est la même dans la chanson.
La voix de Joe Newman jongle avec les émois, sur le fil, prête à se briser dans les aiguës, virevoltante sur les Oh, parfois enrhumée, toujours surréaliste. Les envolées lyriques, accompagnées au violoncelle nous précipitent dans un vide onirique jusqu'à la brisure finale (2:32) qui conduit au retour du silence quelques minutes plus tard  : Do not spray into eyes, I have sprayed you into my eyes.
Embellissons maintenant le morceau de son sens.

C'est une beauté à la fois triste et révoltante que l'histoire de Robert Capa et Gerda Taro, photographes de guerre, héros de leur profession. Les seuls clichés du débarquement sont de Capa lui qui avait décidé que débarquer sur Omaha Beach sous les balles allemandes pour couvrir la guerre faisait partie de son job : « For a war correspondent, to miss an invasion is like refusing a date with Lana Turner. »

Dans la chanson c'est à sa femme, Taro, morte en couvrant la guerre d'Espagne en 1937, que Capa s'adresse à travers la voix de Joe Newman, alors qu'il est lui même est à l'agonie après avoir marché sur une mine. Mai 1954. Guerre d'Indochine. 3:10pm. 3,1415 : Π, nombre irrationnel et théorie du chaos s'emmêlent.
L'obsession de photographier l'homme au plus près du danger, en duel avec la mort l'aura mené à sa perte. « If your pictures aren’t good enough, you aren’t close enough. » disaient-ils lui et Taro. 
D'une certaine manière, c'est avec les mots que la chanson photographie la mort de Capa. La poésie remplace photoshop. Sans cacher le moins du monde les horreurs de la guerre, elle magnifie l'amour qui unissait les deux photographes : Capa en trouvant la mort, retrouve Taro, comme si toute son exaltation en photographiant la guerre, sa pulsion lorsqu'il quitte la Jeep pour aller sur le terrain des soldats, l'avaient conduit à ce moment ultime : To Capa, to Capa, Capa dark after nothing. Re-united with his leg and with you, Taro.

Merci à Nicolas !

Mathilde



Paroles
Indochina, Capa jumps Jeep, two feet creep up the road
To photo, to record meat lumps and war
They advance as does his chance – very yellow white flash
A violent wrench grips mass, rips light, tears limbs like rags
Burst so high finally Capa lands
Mine is a watery pit. Painless with immense distance
From medic from colleague, friend, enemy, foe, him five yards from his leg, from you Taro

Do not spray into eyes – I have sprayed you into my eyes
3:10 pm, Capa pends death, quivers, last rattles, last chokes
All colours and cares glaze to grey, shrivelled and stricken to dots
Left hand grasps what the body grasps not – le photographe est mort
3.1415, alive no longer my amour, faded for home May of '54
Doors open like arms my love. Painless with a great closeness
To Capa, to Capa Capa dark after nothing
Re-united with his leg and with you, Taro

Do not spray into eyes – I have sprayed you into my eyes

13 mai 2013

Chanson de la semaine #45 - Our Degeneration a 2ans, l'histoire du nom avec The Who... MY GENERATION!


My Generation
The Who
1965 



1965, le guitariste des Who compose My Generation : « I hope I die before I get old ». 20ans et déjà la peur de vieillir dans le ventre. Et pourtant, dans ce tube bluesy, avec sa batterie effrénée, son bégaiement compulsif, ses questions/réponses entre basse et guitare, il y a un énorme élan d'optimisme, une insouciance communicative.
C'est dans cet esprit que nous avons créé Our Degeneration : moins de 20ans, génération internet 2.0, l'envie de dire à tout le monde ce qu'on aime, de partager, encore et toujours.

Mais alors pourquoi Our DEgeneration ?
Woodstock, 1969, The Who chante My Generation : un public éclectique, un contexte politique dégénéré, plus de limites et surtout, plus de différences. Un mélange indescriptible. 
"My g-g-g-generation", le bégaiement fait son effet, le public reprend en cœur : On entend Degeneration! 
Et puis il y avait le souvenir de cet art dégénéré, celui qui était condamné par le régime nazi, chassé par la force d'un pays tellement aveuglé qu'il n'osait plus trouver la beauté là où elle était la plus intense : chez Picasso, Chagall, Kandinsky, Klee, Bartok, Schöneberg, Billy Wilder et chez tellement d'autres encore !

Mais revenons à notre chanson de départ...
Séparées de celle-ci par presque 50ans d'histoire(s), on s'éloignait déjà un petit peu de notre temps alors même que notre nom n'était pas clairement défini.
Puis, en écoutant The Who en boucle, on s'est très vite rendu compte qu'on ne voulait pas seulement écrire sur UNE génération (la nôtre) mais sur TOUTES les générations : en partant de nos grands parents (parfois de nos arrières grands parents) pour aller jusqu'à nos petites sœurs. Sans distinction, sans classement et en n'hésitant jamais à les mêler, sans avoir peur des contrastes et de l’éclectisme de nos goûts.
Bob Dylan, Freud, Stephen King et Sartre dans le même article, c'est possible (c'est ici) !
Ne pas parler uniquement de l'actualité culturelle immédiate (risque d'internet) mais toujours écrire avec légèreté et modernité peu importe l'âge du sujet... C'est un petit peu ça le but suprême!

My Degeneration (premier nom) est très vite devenu Our Degeneration pour la simple (et sûrement bonne) raison que nous étions deux et que vous êtes beaucoup, de plus en plus même! Alors MERCI!

(Pour nous envoyer vos articles, l'adresse n'a quant à elle jamais changé : mydegeneration.contact@gmail.com )

LOVE
Mathilde

1 mai 2013

Chanson de la semaine #31




Double chanson de la semaine pour The Castings, trio folk/rock homemade.

EP entièrement auto produit, sorti en 45t, clip en super 8, Stan, Lili et Clo Cast ont choisi la même voix que d'autres jeunes groupes familiaux. Rappelez-vous le rock garage deThe Tiny Masters of Today : un frère, une sœur de 15ans dans leur garage, applaudis par David Bowie.


8mm de The Castings est folk, façon Dylan, et crée un univers bien particulier semblable à celui de Moonrise Kingdom de Wes Anderson (surtout dans le clip) ou à la BO de Juno par les Moldy Peaches, Antsy Pants et Kimya Dawson. Comment ne pas penser au cinéma avec un nom pareil ?
Les voix de Stan, Lili et Clo Cast se mêlent à la limite de la dissonance ce qui rajoute beaucoup au charme candide du groupe. Cette ingénuité rend joyeux, impossible de ne pas répondre aux sourires de Stan et de ses sœurs jumelles sur les refrains dans la vidéo.
Some other time est plus blues, avec un solo de guitare saccadé qui rappelle vaguement ceux, plus trash, de Jack White. Deux chansons pleines d'insouciance et d'optimisme !


Mathilde

2 avril 2013

Chanson de la semaine #30

Another Day
Nina Fleury
2013

Elle a fait son petit bout de chemin la demoiselle depuis l'année dernière. Souvenez-vous...
 
C'est le 3 avril qu'est sorti son nouveau titre Another Day. Et part une pure coïncidence, celui s'est retrouvé sur notre boîte mail quelques jours avant sa sortie.

Quelques accords planants, une voix caressante aux échos réverbérés et c'est parti. On replonge avec une facilité déconcertante dans l'univers onirique de la jeune chanteuse. Un début plutôt folk qui bascule rapidement dans un monde plus pop, plus rock qui se rapproche de celui de Dido par exemple. L'ambiance d'Another Day est légèrement plus triste, plus mélancolique que dans mes souvenirs, mais l'énergie est toujours la même, toujours aussi franche!

Un titre sans prétention qui permet d'oublier pendant 3 minutes et 20 secondes les impératifs qui nous poursuivent. Nina Fleury a sa guitare bien sanglée, les pieds sur terre et la voix qui s'envole.




Mathilde

12 février 2013

Chanson de la semaine #29


Elles se font rares les chansons de la semaine sur Our Degeneration. A vrai dire, la liste des articles en attente d'un petit peu de temps pour être écrits se rallonge de jour en jour. Et pourtant ce ne sont pas les projets ni les idées qui manquent mais juste un moment de répit, de calme et de solitude pour retrouver le plaisir d'écrire, perdu au milieu d'un tas de révisions, de dates et de noms. "You're a good time killer"
Plus le temps d'écrire, plus le temps d'écouter et ni même de se déplacer pour un concert. Combien en ai-je manqué ce mois-ci? Combien d'interviews attendent d'être enregistrées? Combien de chansons de la semaine avons-nous de retard? Beaucoup trop!

Alors oui. Life's a bitch!

Life's a beach
Django Django
2012



C'est avec le rock psychédélique orientalisant des écossais Django Django que je me shoote cette semaine. Ça commence doucement, puis la frénésie s'installe. Le charmeur de serpent est un riff de guitare et le reptile danse le rock and roll. L’éclectisme est définitivement le point fort de l'album des Django Django sorti il y a un an!

Mathilde


12 décembre 2012

Chanson de la semaine #28

Injured Night
Twin Arrows
2012



A la question « Et toi, t'écoutes quoi comme musique ? », qu'avez-vous l'habitude de répondre ? Quels sont les premiers mots qui s'échappent de votre bouche ?
"De tout!"?

Je n'échappe pas à la règle, j'écoute de tout. Mais la musique qui fait s'emballer mon cœur dans ma poitrine et disjoncter mes neurones, c'est le rock and roll/bluesy/garage.
Façon The Kills (live report du concert au transbordeur), Jack White (live report du concert au transbordeur) ou The Black Keys (bientôt un live report du concert à la Halle Tony Garnier).

Et puis dans cette même lignée, il y a les Twin Arrows.
Et tout comme The Kills, Jack White, et les Black Keys, les cinq parisiens débarquent à Lyon pour un concert (ce week end). 
On les attend depuis un petit bout de temps, alors pour fêter ça, Injured Night est à l'honneur cette semaine!

Avec sa guitare comme celle de Misirlou (thème traditionnel grec modernisé par Dick Dale, utilisé par Tarentino et saboté par les Black Eyed Peas), la chanson ressemble à l'ouverture de Pulp Fiction : c'est une explosion.


Voilà, c'est l'effet que ça me fait. Je suis happée par le rythme, le suspens et ce riff garage à souhait. C'est un kaléidoscope d'images qui s'impose : une course poursuite, une cigarette ("watching my cigarette burning") les paysages qui défilent à toute vitesse sur les bords de l'autoroute. Mes clichés préférés.
Cris/murmures, basse et guitares trépignantes, batterie alarmée ; hold up réussi !

Mathilde

18 novembre 2012

Chanson de la semaine #27 par Silvio de Vision Jeune

A l'ombre du show business
Kery James & Charles Aznavour
2008


« La chanson française, à l'heure actuelle, a un avantage fantastique, c'est que les rappeurs et les slammeurs écrivent merveilleusement notre langue ». C'est ainsi que l'immense chanteur Charles Aznavour commence lorsqu’on lui demande de parler du tout aussi immense -même si moins connu- chanteur Kery James. Qu'est-ce qui aurait pu rapprocher le vieil homme blanc sarkozyste exilé en Suisse et le jeune immigré « de banlieue » révolté ? Tout d'abord l'amour de la langue de Molière, l'un et l'autre jouant avec les mots, les sons, les figures de styles. Mais aussi les débuts difficiles qu'ils ont tous les deux connus en tant que jeunes artistes, avant d'atteindre une certaine notoriété, chacun dans leur milieu. Enfin l’appartenance revendiquée à une communauté ou un peuple : le ghetto et les immigrés de France pour Kery James, les arméniens pour Charles Aznavour (il est l'ambassadeur d'Arménie à l'ONU). Un peuple qui a souffert pour le chanteur, une communauté qui souffre pour le rappeur.
Cette chanson, comme un appel au secours, permet de concilier deux styles, deux histoires, deux générations. Mais comme le dit Kery James : « Le rap transcende les différences, rassemble ». L'intervention courte de Charles Aznavour à la fin de la chanson, douce, avec ses mots « mon frère » répétés, dénote à la fois l'universalité de la musique, et réhabilite de par la réputation du vieil homme l'appartenance totale du rap à la musique. Un texte qui n'est pas là premièrement pour divertir, mais surtout pour passer un message, comme Aznavour l'a fait en son temps avec par exemple sa chanson « Comme ils disent », qui évoque l'homosexualité comme un fait naturel, dix ans avant que cette orientation soit dépénalisée en France. La force de la voix de Kery James donne des frissons, on est captivé, comme emporté dans la musique. Et il faut attendre bien longtemps après que les dernières notes du piano aient retentit pour pouvoir enclencher une autre chanson...

21 octobre 2012

Chanson de la semaine #26



Quelle énergie, quel culot ! Chanson coup de poing !
Fiona Apple est pourtant loin d'être une brute. Si sa voix sort de ses tripes (et c'est toute sa rage qui résonne dans le refrain), les arrangements ne sont jamais lourds. Ils ont beau être simples à s'en mordre les doigts, la chanson est plus une boule de nerf qu'un tas de muscles.
La batterie à la fois tambour et coup de canon va et vient dans les nuances, subtile ou énervée, tandis que le piano et la guitare sont tout entier dévoués à la voix.
Crescendo avant les refrains, plénitude, et puis...Un cri du cœur, SEEK ME OUT !
Daredevil, c'est le casse cou. Le risque, Fiona Apple plonge dedans et c'est réussi :
Une maîtrise parfaite du cri mélodique. Les mots claquent, chaque syllabe atteint sa cible. C'est le paroxysme, la tension est à son comble ! Et aussi soudainement qu'il s'est brisé, le calme revient. Un dernier refrain pour la route et la chanson s'efface d'elle même laissant place au silence.
Daredevil n'est que liberté, une liberté exubérante : And I will try hard to hold onto you with open arms. 

S'agripper à l'amour...Les bras grands ouverts ! Si seulement !

Mathilde


11 octobre 2012

Chanson de la semaine #25

The Revolution will not be televised
Gil Scott Heron
Pieces of a Man 
1971




A la croisée des genres, dans une Amérique qui caricaturise sa culture au profit de la guerre froide engagée avec l'URSS, on trouve Gil Scott Heron. Ce grand noir s'inscrit dès 1960 comme le défenseur des afro-américains hésitants encore à devenir des citoyens à part entière. Influencé par des musiques totalement diverses, notamment jazz, blues et rock, il est dans les premiers à pratiquer le spoken word, les paroles scandées, ce qui deviendra une dizaine d'années plus tard le rap. Dans cette seconde version de « The revolution will not be televised », enregistrée en 1974, il dénonce la consommation de masse, l'aliénation des américains, la politique du président Nixon, la confusion d'une société, les médias menteurs, et encore bien d'autres objets. Outre des dizaines de références, la musique est fascinante de par son paradoxe entre d'un côté la ligne grave et calme de la basse accompagnée de la batterie, et de l'autre la folie de cette flûte qu'on ne peut plus arrêter, le tout se mêlant à la voie saccadée et pleine de force du chanteur. Une musique qui ne donne qu'une envie : bouger plutôt que de rester devant l'écran. 

Silvio de Vision jeune



24 septembre 2012

Chanson de la semaine #24

Henri VIII
Soma
Nobody's hotter than god
2012


C'est sur les conseils de notre partenaire LyonRadio (que vous pouvez toujours écouter en cliquant sur la petite fenêtre à droite) que nous avons prêté une oreille attentive au deuxième opus du groupe français Soma : Nobody's hotter than god. Titre aux accents provocateurs (en ce moment on ne rigole pas avec l'image des dieux ou prophètes divers et variés), un petit air insolent et le tour est joué.

Pour faire bref, ces quatre garçons là balancent une pop (qui tire vers le rock) efficace façon anglo saxonne. On peut citer les Killers, Coldplay à leur début pour les chansons plus calmes de l'album, ou encore Phoenix en moins américain (oui parce que Phoenix ça a beau être français, ça ne sonne pas comme tel) et même The Hives.

Focus on Henry VIII
Henry VIII d'Angleterre...Vous savez, c'est Barbe Bleue, celui qui a fait tuer deux de ses six femmes, qui a fait "légaliser" le divorce dans un siècle tellement lointain qu'on l'a tous oublié. Il y a dans l'histoire un petit conflit à propos de religion, mais on ne va pas relancer le débat.
Barbe Bleue suffit pour lancer l'imagination et donner un tout autre aspect à la chanson. La batterie tambour donne un petit côté royal au morceau et permet à la métaphore de se développer d'elle même.
Soma s'assure avec cette chanson une avance confortable dans l'opinion publique, se repose sur ses lauriers concernant ses fans et enlève aux sceptiques une bonne dose d'arguments techniques. En effet, l'album est "très propre en qualité sonore" et l'équilibre voix/instruments est très bien géré.

Merci LyonRadio.

Mathilde

12 septembre 2012

Chanson de la semaine #23

Be thankful for what you got
William Devaughn
1972



"Le paradis des rêveurs"

Plage au soleil. Ville grise sous la pluie. Bizarrement la chanson s'adapte aux deux paysages. Paisible délassement ou douce mélancolie. 7minutes de calme, d'apaisement. La vieille soul rend hommage à la simplicité. Une histoire singulière. L'histoire d'un hit unique pour une chanson contre le matérialisme.
Il y a cette guitare pépère, la basse et la batterie détendue, un clavier planant et la voix, sans fioritures, magique lorsqu'elle s'envole dans les aigües.
Les longues parties instrumentales sont le paradis des rêveurs.

Mathilde

4 septembre 2012

Chanson de la semaine #22

Une fois encore c'est Silvio de Vision Jeune qui nous écrit un très beau texte pour cette chanson de la semaine! Merci!


L'affiche rouge 
Léo Ferré
1959



Mise en musique du poème de Louis Aragon « Strophes pour se souvenir », l'affiche rouge est un texte des plus poignants. L'affiche rouge, c'est une propagande de Vichy et du régime nazi, parue en février 1944, et placardée sur les murs des villes de France, et notamment à Paris. Traitant de « l'armée du crime », elle présente différents personnages de la résistance, juifs et/ou communistes pour la plupart, tous étrangers. Ils furent exécutés « pour l'exemple ». Avec sa voix rauque et profonde, Ferré le rouge nous transporte dans ces nuits sombres de l'occupation. On a juste à fermer les yeux pour se retrouver dans ces ruelles froides d'un temps loin et si proche à la fois, auprès de ces affiches collées sur les murs, en dessous desquelles « des doigts errants avaient écrit MORTS POUR LA FRANCE ». Les voix en arrière, envoûtantes et noires, meurent « quand les fusils fleurissent » et que retentissent les tambours, comme le bruit sourd des corps sans vie tombants à terre. Passer à une autre chanson après ? Impossible. On ne peut alors que couper tout, respecter le silence, comme un hommage à ceux ont donné leur liberté, pour nous offrir la notre.

30 juillet 2012

Chanson de la semaine #21


Affirmative action
Nas feat NTM
1996

Par Silvio de Vision Jeune



Cette chanson, qui a explosé de la même manière des deux côtés de l'Atlantique dans le milieu hip-hop, est assez singulière, car regroupant deux groupes de rap, l'un américain et l'autre français. Du côté USA, le chanteur Nas de New York, élevé à la littérature africaine et à la Bible, dans l'école de la rue de Brooklyn. Du côté tricolore, un duo qui à l'époque a déjà fait ses preuves en une dizaine d'année de musique : NTM, composé de Kool Shen et JoeyStarr, deux rappeurs issus de la Seine-Saint-Denis (93). Tous les trois, ils signent ce rap particulièrement engagé, révolté même. Si le titre peut être traduit comme « discrimination positive », il signifie en fait ici son sens premier, l'action volontariste, l'engagement fort dans cette volonté des trois rappeurs qui se considéraient eux-même comme les porte-parole des banlieues de changer le système. Leurs paroles, posées sur un rythme simple et régulier, presque reggae (comme souvent dans le rap, la subtilité ne se situe pas dans la musique mais dans la poésie et le rythme de la voix) dénoncent l'incapacité de sortir de la banlieue, les rêves brisés et la population divisée. Deux collectifs qui s'unissent pour d'une seule voix chanter la banlieue, leur désespoir, mais aussi la solidarité entre les peuples.

27 juillet 2012

Chanson de la semaine #20

Come alive
Hanni El Khatib
Will the guns come out
2011





Blues électrisant  STOP  Rock enragé  STOP  Americain musicalement dangereux  STOP   Bad Boy  STOP  Refrain insolent  STOP  Guitares acérées  STOP  Façon garage  STOP  Trop courte  STOP  Prochain album produit par Black Keys  STOP  A suivre  STOP  Maître de l'Arène aux Nuits de Fourvière  STOP  Bête de scène  STOP  Été sauvage  STOP

Mathilde

7 juillet 2012

Chanson de la semaine #19

French Beauté
Fake Oddity
French Beauté
2012


Il y a comme un petit air d'été dans le dernier clip des Fake Oddity. French Beauté, sorti il y a quelques jours, c'est un peu comme la cerise sur le gâteau après une année chargée. C'est le petit rayon de soleil qui fait qu'on a l'impression d'être en vacances.
Le son de ces quatre la, on l'avait découvert d'abord en première partie de Music is not fun puis au festival Changez d'air, souvenez vous.
Leur petit air dandy, leur spontanéité, leur bonne humeur communicative et la légèreté de leur pop folk avaient réussi à nous séduire.
Dans le clip c'est un petit peu la même chose, pas d'effets spéciaux ni d'artifices, un brin d'humour et une visite musicale de Lyon. On passe par l'esplanade de la Croix Rousse, le Transbordeur, les quais, etc. Et puis il y a aussi cette French Beauté, fidèle à son image : mignonne, joueuse et capricieuse...irréelle.
En résumé : Une jolie ballade!  

French Beauté est aussi Song of the week chez nos partenaires Lost Song!

Mathilde

30 juin 2012

Chanson de la semaine #18

En t'attendant
Mélanie Laurent
2011

Par Jules G.Cortez



Quand Mélanie Laurent s'essaye à la chanson, cela nous donne En t'attendant. Un premier single (et d'ailleurs premier album du même nom) sorti en février 2011 qui me laisse sans voix ... tout comme elle.
La belle Mélanie dégage une émotion qui n'est pas à négliger. Oui, j'aime. Un beau poème sur une belle mélodie ; un sentiment que nous tous avons déjà pu ressentir au cours de notre vie. L'attente de notre Amour. "Le temps prend du bon temps, et je m'ennuie avec le mien, je m'invente des jeux qui ne valent rien, je fais peu mais je fais bien, en t'attendant ... Et toi de temps en temps, tu passerais dans le mien, on jouerait comme des enfants, du soleil dans nos matins." Soudain un cri, un cri du cœur, (pouvant en surprendre comme en réveiller certain) qui ajoute un nouveau souffle. L'artiste décrit ses morceaux comme des titres personnels, j'ajouterai le mot naturel.

14 juin 2012

Chanson de la semaine #17

Salmon Fishers
On the Hook
Mai 2012



Être hype à Lyon, c'est possible.
Il suffirait apparemment d'un morceau dans l'air du temps : Une guitare façon Strokes. Juste assez de basse electro pour que la chanson reste estivale. Parfois le groove, influence Big Band : piano et cuivres, instruments qui font la singularité du groupe. Et un refrain efficace qui donne la pêche.
Le clip est bien pensé et esthétiquement parlant très bien monté. "Des ralentis sur des danseuses en tutus et un désert de conteneurs". La grâce industrialisée. Influence Pina Bausch (ici) ou le Diable s'habille en Prada ("- Mais on voulait faire ça dans une usine pour jouer sur le contraste extrême entre la féminité et l'environnement très brut..."). A vous de choisir ce qui vous plait le plus.
Le tout fait un appât idéal. On mord à l'hameçon. (Jeu de mots très facile, je vous l'accorde.)
Keep on fishing!

(Peut être une interview des Salmon Fishers dans les mois à venir...)
Vous remarquerez que la chanson est aussi Song of the week chez nos partenaires LOST SONG. C'était même pas fait exprès.

Mathilde