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23 novembre 2013

O SAFARI + PENDENTIF – LA MARQUISE






L'hiver est là, mais pas question de rester enfermé chez soi! Ce Mercredi 20 Novembre, malgré le froid et la neige, nous nous sommes rendus à la Marquise pour assister à la soirée organisée par La Boîte à Musique Indé. 

 

Au programme : O Safari, Pendentif et Yeast.

 





Photographie Aparté.com, Florian Bardou
Notre arrivée tardive nous a permis de voir seulement les cinq dernières minutes du concert de Yeast. C'est dommage, mais nous avons à peine le temps d'y penser que les deux Rennais de O Safari sont déjà sur scène. Un duo inattendu et original qui fonctionne très bien. D'un coté (à droite sur la photo) Julien Vignon, chanteur à la voix douce et susurrante, qui nous livre ses textes en français accompagné d'un synthé. De l'autre, Laurent Guillet (à gauche), un batteur remarquable qui possède une énergie débordante. Le mélange pourrait surprendre, mais les deux amis s'accordent très bien. Résultat : les morceaux sont variés, allant de la chanson très calme, très douce comme Télévision, au tube pop et dynamique : Taxi

A écouter, tout particulièrement si vous êtes un nostalgique de la new wave et des années 80 !

 

Après une courte pause, c'est au tour des Bordelais de Pendentif de monter sur scène, et pas n'importe comment! Leur arrivée est éclatante; en quelques secondes, il déversent sur la Marquise une vague de joie et de bonne humeur. Les cinq membres du groupe, le sourire aux lèvres, nous jouent des morceaux entrainants et rythmés. Leur complicité sur scène, marquée par les nombreux éclats de rire, rend le concert d'autant plus agréable! L'ambiance est détendue, conviviale et dansante. Entre une corde cassée sur une reprise de Niagara (oui oui, vous avez bien lu!) et quelques blagues sur le, maintenant célèbre, lama de Bordeaux, le concert se déroule à merveille et Pendentif nous dévoile les titres de son album sorti en septembre, Mafia Douce. Notre préféré : "Embrasse Moi", en écoute ici : * !



Photographie de Steven Monteau



On rentre heureux après cette soirée pleine de belles découvertes.
 Comme dirait O Safari, on a bien fait de ne pas passer « encore un soir devant la télévision » !






Lisa

18 novembre 2013

Alexis and the Brainbow + Juvéniles - 07/11 - Marché Gare - Lyon

ALEXIS AND THE BRAINBOW 




La soirée a débuté avec Alexis and the Brainbow, nouveau groupe de la scène lyonnaise, que nous avions pu découvrir courant septembre au Désinvolte Festival à Sathonay (Lyon), et qui retourne aujourd'hui au Marché Gare après être passé récemment par l'Olympia (nb : festival Pression Live).




Si le cadre est plus intimiste, le set n'est pas moins réussi !







Puis vient le tour de Juvéniles, un groupe électro pop de Rennes. Les sonorités planantes et la voix grave du chanteur nous transportent. C'est réussi. Sur scène et dans le public, on se lâche sur des rythmes entraînants.
Résultat ? L'ambiance est à son comble dès les premiers morceaux, et le restera jusqu'à la fin du concert !





Lisa & Gabriela 

22 décembre 2012

Twin Arrows + Jina

Live report - Chronique de la future domination féminine

Twin Arrows + Jina au Trokson 15/12/12

La semaine dernière, Télérama titrait « Le déclin de l'empire masculin ». Belle coïncidence puisqu'il n'y a pas moins d'une semaine exactement, le Trokson a été littéralement envahi par Jina et Twin Arrows : deux groupes menés par deux chanteuses hyper charismatiques.

L'une, la voix déchirée, le regard emprunt de désinvolture et d'un « je m'en foutisme » provocant, détruit tout sur son passage. Nos oreilles, à la limite, ce n'est pas grave...ça en vaut largement la peine ! Jina, est une détonation, dès les premières notes, elle nous prend à la gorge, impossible de ne pas être aimanté.
Si les musiciens sont plutôt discrets dans l'attitude (il faut dire que bouger dans 50cm² ce n'est pas très évident), ils ne le sont pas au niveau des décibels. C'est d'ailleurs parfois étonnant de voir la souffrance au niveau des tympans se transformer en pur plaisir. Jina donne un sens musical à l'expression « faire du bruit ». Dommage que les versions studio soient rares, on aurait bien prolongé le plaisir et réécouté à volonté le set entier!
On note quelques influences pop mais c'est le cri des chanteuses de rock (parfois grunge bien trempé) qui a résonné dans la cave du Trokson (cri qui rappelle celui de Fiona Apple, chanson de la semaine #39... impressionnant d'ailleurs comme les adjectifs qui s'appliquent à l'une s'appliquent à l'autre!). 
Néanmoins c'est plutôt agréable quand ça se calme, enfin calme... tout est relatif ! L'intensité n'en est que décuplée et les ballades, souvent assez sombres, sont remplies d'émotions. 
On en ressort le cœur battant et les oreilles bourdonnantes !

L'autre chanteuse, c'est Éléonore des Twin Arrows. Voix grave, murmures impatients et mélodies saccadées suspendent chaque chanson dans la saturation électrique de la cave.
Plus exubérant, plus parisien aussi, c'est pourtant de l'autre côté de l'Atlantique que le groupe nous emmène, à des milliers de kilomètres de la capitale. 
Trempés de sueur, les Twin Arrows nous trimbalent entre anciennes (White room, Sleepwalker's burn et Soup of rocks sont de purs instants rock and roll) et nouvelles chansons d'un album qu'on attend, fébrile !
L'ambiance est sous pression et les petites envolées psychédéliques et punks n'en sont que plus jubilatoires. 
Peut être était-je simplement de bonne humeur ce jour là pour ne trouver que peu de défauts au concert, ou peut être les groupes étaient-ils simplement très bons. A méditer.

Le public (masculin et féminin) était béat, vous ne serez donc pas surpris en apprenant que la chanson de la semaine #41, Injured Night, s'est placée en à peine une semaine 10ème de nos articles les plus visités et 1ère des chansons de la semaine les plus populaires.


Alors va-t-on vraiment vers le déclin de l'empire masculin dans le monde du rock ? Les filles se font pourtant encore plus rares sur la scène que leurs congénères masculins, la preuve, samedi dernier : 3 filles contre 6 mecs. Et encore...ce sont des exceptions puisque d'habitude, les quotas sont encore plus déséquilibrés.
Dommage car souvent, une présence féminine apporte la sensualité et l'humilité qui manquent chez les boys band. 
Il semblerait cependant que le cliché de la fille, source de conflits et cause de la séparation des groupes, se soit transformé en gage de qualité.
En attendant, ce qui est sur, c'est que le rock français vu depuis la province, il ne se porte pas trop mal!

Mathilde

11 novembre 2012

Lion Clarks + Yatch, Limousine and Diamonds + Main Square + Freeds (+Apéro photo Les Culottes d'Hippolyte & 365 jours de Cléo Nikita)

Tout ça sur une péniche !

LA MARQUISE 10/11/12

« La crwème de la crwème ! »

Un petit verre pour bien commencer la soirée, un bref coup d’œil aux alentours et c'était déjà parti.
Les Lion Clarks commençaient. Sans voir ni la scène ni le groupe, on sent d'abord une belle énergie dans les arrangements, une sorte de violente timidité. Lion Clarks c'est un peu la candeur British de Luke Pritchard (The Kooks) avec un groupe plus pêchu, plus énervé. Plus rock aussi. Impression confirmée en se rapprochant de la scène, attitude timide mais pas statique avec une énergie brute. A retenir : une basse entraînante, des solos un peu partout... En bref une sympathique ouverture.

Il fallait aimer les envolées dans les aigus, les claviers un peu Vintage et l’effronterie pure et simple (on ne s'appelle pas Yatch, Limousine & Diamonds pour rien) pour apprécier le deuxième groupe de la soirée. Un brin de MGMT dans la voix, ou encore si on pousse à l'excès une légère impression de Fancy. Un peu abusif, je vous l'accorde.
Une petite préférence pour « On aime beaucoup la chanson suivante, c'est un vieux morceau ». Si vous recroisez les YLD au détour d'une scène vous reconnaîtrez peut être la chanson dont je parle.
Petite peur après les premières notes de 505 des Arctic Monkeys. Reprise très ambitieuse, assumée par le batteur qui se déplace vers le micro et le clavier le temps de deux chansons. Dur de faire mieux que l'originale même si l'ensemble tient la route, on perd une bonne dose de subtilité. La faute à qui ? Difficile à dire. Les YLD n'y sont pour rien, c'est Alex Turner qui place la barre trop haut.
Dommage que le groupe n'ait apparemment pas joué sur scène depuis un petit bout de temps, les enregistrements sont prometteurs.

Ils ont fait pété le pot d'échappement et tant mieux. Petit coup de cœur de la soirée pour Main Square. Une bonne piqûre d'adrénaline. La Marquise n'a pas coulé mais elle a bien tangué pendant un set presque trop court ! Ils ont l'air de bien s'éclater, ils ont le sourire et le partagent généreusement. Encore une basse enivrante, une batterie haut-perchée ; deux guitares efficaces. Définitivement shootés aux Arctic Monkeys, on retrouve aussi parfois des ambiances façon Razorlight, The Vaccines ou The Fratellis, exception faite que la voix a un je ne sais quoi différent de celui de Turner (encore lui) et Borrell. Un dynamisme monstrueux et une bonne dose de charisme qu'on espère revoir très vite à Lyon ou ailleurs.

Quant aux Freeds... Leurs nouvelles chansons. Leurs nouveaux arrangements. Encore une fois c'est l'unanimité.
« C'est toujours sympa d'aller voir les Freeds ! ». Et c'est vrai : on est assuré de passer une bonne soirée, l'organisation est impeccable et l'ambiance toujours agréable.
Il faisait très chaud sur scène et dans le public autour de 22h30 quand ils sont montés sur scène.
Et c'est avec plaisir qu'on voit peu à peu se renouveler le répertoire : le concert commence par deux nouvelles chansons à la hauteur des précédentes, toujours dansantes et enjouées.
On a déjà trop parlé des classiques ( Sex, Please don't go, African Revolution, For You (plus de maturité dans le nouvel arrangement, une progression visible et confiante) ou She's my baby now) et ce serait se répéter de dire qu'on aime toujours autant.
Petit clin d’œil pour Mélia, unique fille sur scène ce soir là, ça fait du bien un peu de féminité dans ce monde de mecs en sueur.

A la prochaine!
Mathilde

14 septembre 2012

Jack White + Peggy Sue - Transbordeur

Au fil des années, des White Stripes à Blunderbuss, Jack White, c'est un peu devenu incontournable. On ne va pas citer Seven Nation Army, parce que limiter sa carrière à cette chanson serait le blasphème absolu. Alors quand le Transbordeur a annoncé l'ouverture de sa saison avec THE génie de la musique encore en vie qui continue à produire régulièrement des petits bijoux du rock and roll moderne, l'expression sauter de joie a pris un nouveau sens.
La journée du 4 septembre fut interminable. Place en poche, la rentrée avait comme un gout d'inutilité comparée à la bombe qui allait exploser le soir même, sur la scène du transbordeur.
Bombe à retardement puisque Jack White n'était pas seul à jouer ce soir là.

Peggy Sue, un groupe franchement charmant, a assuré (dans tous les sens du terme) la première partie. Deux filles, guitares en bandoulière, accompagnées d'un batteur et parfois d'un autre musicien touche à tout (basse, percussions). Et des arrangements mélodiques et harmoniques aux voix juste bluffants. Physiquement, les deux jeunes rockeuses sont radicalement différentes, en revanche, lorsqu'elles chantent, leurs voix se confondent, se mélangent.
C'est peu comme ce duo entre M et Sean Lennon, l'Eclipse, "Si la vie est un jeu...Lequel de nous deux, est celui qui chante?".
Qui fait la voix grave qui fait la voix aiguë? Il faut se concentrer sur les lèvres des chanteuses pour le déduire. L'absence de leader accentue encore la confusion. Elles en jouent en changeant à tour de rôle de registre.
Délicieux mélange entre Florence + The Machine, I Blame Coco, Joan and the Police Woman, ces filles là sont à suivre! Petit clein d'oeil à Jack White : la reprise batterie/chant (avec enregistreur momentané) de Hit the Road Jack de Ray Charles. Grosse claque.

Après une demie heure de suspens intense pour savoir si oui ou non la batterie inclinée cachée par un drap bleu annonce le groupe masculin ou pas, pour admirer les tenues du staff de JW, pour se demander si le technicien à la longue barbe brune sur la scène est le fils de l'ingé son à la longue barbe blanche (entourée de deux grosses tresses)... Ils sont arrivés. Le groupe masculin et son leader. Jack White, tout de noir vêtu (excepté les Dr Martens blanches). En personne!
Batterie et piano aux extrémités gauche et droite de la scène, basse/contrebasse, violon/autres instruments électroniques non identifiés (IENI), mandoline/tambourin en fond de scène. C'est derrière ces trois derniers que Jack White vient se cacher pendant une bonne partie du concert. Le groupe ne fait qu'un, la seule question qui persiste est : se fondent-ils tous dans le leader, ou le leader préfère-t-il se fondre dans la masse? Timide? Pas très communicatif dirons certains. Ceux là n'ont pas compris.
Explication : Et si la communication ne passait que par la musique, ou par la joie qu'ont l'air d'avoir les musiciens sur scène? Jack White, c'est le genre de concert qui donne le sourire : Les musiciens aiment ce qu'ils font, se donnent à fond et transmettent l'énergie au public. Le batteur (certes un peu répétitif dans son jeu) se lève et se rassoit, suit le mouvement du maître à la seconde, improvisation totale ou confiance absolue, la sueur sur sa peau noire fait plaisir à voir...tout comme celle du bassiste qui a l'air de sortir d'une piscine. Le pianiste sautille de partout, va d'un clavier à l'autre, se casse la gueule se relève, sourit avec sa dégaine de jazzman du siècle dernier. Et le public danse, frétillant de contentement.
Pur instant rock and roll. Black Math, Sixteen Saltines, Missing Pieces, Weep Themselves to sleep (pendant laquelle JW s'éffondre sur la batterie en appliquant la devise "The show must go on"), Love Interruption, Dead Leaves and the Dirty Ground, Cannon/John the Revelator, I cut like a buffalo (juste parfaite!), Hotel Yorba, Top Yorself, The same boy you've always known, Hello Operator, I'm slowly turning into you (joie décuplée en entendant ce refrain emblematique de Icky Thump!), Two against one (cover), You've got her in your pocket, You know that I know (cover), Trash tongue talker, Freedom at 21 (WOW!) et enfin...Seven Nation Army! Pas de rappel mais une heure et demie de set infernal non stop. Ces mecs là savent comment frustrer plusieurs milliers de personnes. Frustrée mais heureuse alors tant pis pour le reste. Le concert est classé...dans la catégorie inclassable!

Mathilde


2 septembre 2012

Chronique estivale

Tout a commencé avec les Nuits de Fourvière.
C'est quand on s'installe sur ces cailloux ancestraux (oui parce que, rappelons le, ce sont des cailloux, des cailloux durs) et qu'on jette un œil par dessus la scène sur cette petite ville qui est la notre qu'on sent que les vacances viennent bel et bien de commencer. Avec la lumière du soleil couchant c'est Hanni El Khatib qui se lève en première partie des Kasabian.
Maître de l'arène, ce rockeur aux cheveux propres est plutôt doué avec son micro et sa guitare. Accompagné par deux rockeurs (aux cheveux sûrement moins propres) à la batterie et à la deuxième guitare/basse/clavier/tambourin, Hanni (je suppose que c'est son ptit nom) a hypnotisé le théâtre antique. Il est le maître du silence angoissant, lorsque la chanson s'arrête tout d'un coup pour reprendre après quelques secondes d'hésitation pendant lesquelles votre petit cœur a continué a battre le tempo. D'abord seulement la voix, puis la batterie et BANG l'explosion de syllabes (Come Alive et Loved One). Belle ouverture donc. Suivent les Kasabian. Du statut de bête de stade ils passent à celui de Gladiateurs. De front face à la foule, ils balancent leurs hymnes les unes après les autres pour le grand bonheur du public. Parce qu'il faut avouer que si en studio c'est un peu lassant, en live, c'est carrément impressionnant. Musique de guerriers, de vainqueurs : le public est déjà conquis.


Tout a continué avec Berlin.
Berlin dépasse un peu toutes les images qui lui collent à la peau pour les rendre naturelles et spontanées.
Quatre jours, c'est comme faire le plein d'essence pour 1000km. On en prend plein la vue, plein les yeux. On se remplit la tête d'images, de gens, de regards.
Une fois la frontière passée, plus de limites. Le compteur monte :130 140 150 160km sur l'autoroute. Le tic tac de la montre à l'intérieur de ta poitrine qui bat de plus en plus vite.
C'est le genre de chose qui stimule ton ego Rock and Roll. Tu ouvres les fenêtres, tu passes la tête à l'extérieur, l'autoradio hurle contre le bruit du trafic et du vent qui s'engouffre dans la voiture. A croire que la Peugeot 206 break s'est transformée en décapotable. Sauf qu'il pleut, alors les vitres sont remontées et tu ravales ta superbe.
Il faut croire que la prétention a été bannie à Berlin. Les gens ont le style mais pas l'orgueil. En quatre jour on peut passer par deux ou trois Cavernes d'Ali Baba (alias les friperies) comme l'Humana à Frankfurter Tor ou le Kleidermarkt Garage dans Schöneberg. Fringues au kilo, odeur de grand mère. De quoi faire de belles trouvailles.
L'architecture a l'excès et l'exubérance mais elle est beaucoup trop marquée par l'Histoire pour en tirer profit. Aussi...
Petit guide touristique :
A faire :
-Le musée Juif, poignant, des espaces vides angoissants, une architecture sombre et un passé plein d'horreurs.
-Le marché Turc, une ambiance décontractée et vraiment sympa.
-Le musée du Bauhaus très bien fait et pour une fois...intéressant !
-Le musée d'art contemporain, plein de belles expériences et propriétaire d'une collection Pop Art assez intéressante.
-L'East Side Gallery, un vestige du mur de 1.5km décoré par pleins d'artistes différents.
A ne pas faire : Le musée de la RDA, étalage d'objets sans intérêt, plein de touristes, de groupes scolaires, etc.
Ou habiter ? A PrenzlauerBerg pour ses nombreux bars aux chaises et tables dépareillées, ses espaces verts et ses façades farfelues.
Comment se déplacer : A pied, en vélo, en tram ou en métro aérien (même le souterrain est agréable).
Que boire ? Une bière, évidemment !




Tout a fini (ou presque) à Vaour.
Petit festival dans un petit village du sud ouest. 20000 spectateurs en 5jours. Compact.
10 jours de bénévolat.
Assistante de communication éphémère. 10 jours...intenses. Des rencontres qui lient l'utile à l'agréable. Une ambiance incroyable et un tas d'expériences formidables.
Et parfois, lors d'une accalmie, des découvertes (surtout musicales) fort sympathiques :
The Hot Dogz : Trois énergumènes franchement sympathiques, originaires de Toulouse qui reprennent les vieux classiques du rock. Une guitare, une contrebasse et une batterie : le swing, le blues et le rock dans la peau.
A noter aussi Fishtank ensemble, un mélange de musique du monde un brin électronisé couvert par une voix hallucinantes et The Banyans, reggae sympathique.


Mathilde

9 mai 2012

Fake Oddity - Frederic Bobin - Alex Beaupain -- Festival Changez d'air


Changez d'air


(Samedi 5 mai 2012
St Genis les Ollières)

La douzième édition du festival Changez d'air s'est tenue il y a maintenant une petite semaine à St Genis les Ollières (environ dix minutes à partir de Lyon). C'est à la soirée du samedi, qui accueillait Fake Oddity, Frederic Bobin et Alex Beaupain, que nous avons assisté.

"Changez d'air". C'est maintenant chose faite. Fini les salles de concert de la grande ville, ambiance pseudo-branchée. Bienvenue à St Genis les Ollières. Oui, on est loin du centre de l'agglomération et encore plus de la Jet Set parisienne et pourtant... Et pourtant, l'année prochaine on retournera avec plaisir s'immerger dans l'ambiance éclectique du festival. Un public varié dans une petite salle à l'acoustique irréprochable. Une programmation idéale d'artistes majoritairement français. Que demander de plus?
Rendez vous l'année prochaine.
Mais en attendant : Petit résumé du concert du samedi 5 mai.

C'est Fake Oddity qui commence la soirée. Groupe lyonnais, composé de quatre charmants jeunes hommes : Atmosphère Dandy au programme.
La pop folk de leur séduisant dernier album, French Beauté, diffusée dans la salle ne tarde pas à faire son petit effet. On se dandine tranquillement dans le public.
Musicalement commun et dans son temps, le groupe se démarque par sa bonne humeur et aussi par une bonne dose d’auto dérision. On pourrait les comparer aux Kooks, en plus joyeux et agréables sur scène. On reconnaît en revanche moins les influences principales qui ont construit le nom du groupe (à savoir Bowie et Radiohead), plus présentes sur leurs précédents albums. Mais on en découvre d'autres comme MGMT (sur des chansons comme Magnificent Tribe), ou encore U2 qui aurait quitté son Irlande natale pour le sud.
Le cocktail (1 voix hétéroclite + 2 guitares qui swinguent + 1 basse possédée + 1 batterie dansante) a rempli la salle de légèreté (tâche nécessaire en vue des thèmes des chansons des deux artistes qui ont suivi).

Frederic Bobin, accompagné de deux bons musiciens, prend la suite du concert. Un set reportage constitué de chansons engagées nous emmène tour à tour à côté d'une usine délocalisée, d'ouvriers oubliés ou de prostitués malmenées. Le chanteur nous livre sa réflexion sur la nature humaine et transforme les sujets du JT en chanson folk-rock française. Avec une ironie non dissimulée et des rimes improbables, il chante les stéréotypes de la société. On retiendra la guitare battante de Vieille Ouvrière et la chanson Étrange bipède.

Pour la fin de cette soirée déjà bien entamée, l'élégant Alex Beaupain surgit sur scène. Accompagné par un clavier et un violoncelle (que rejoindront plus tard une guitare et une batterie), il commence modestement par une chanson, comme il le dira plus tard, très enjouée (Juste ces mots). En vérité, c'est tout le contraire. Alex Beaupain, ce n'est ni du « zouk » ni de la pop optimiste. C'est plutôt l'art d'exprimer la mélancolie, l'amour, l'évasion, la douleur...Tout à la fois.
Chaque chanson est une plongée en apnée dans un univers aux sons planants (dont l'apogée fut la reprise du Pull Marine) et aux paroles obsédantes... Et chaque transition est une bouffée d'air, parce qu'il faut bien détendre un peu l'atmosphère:
Pour écrire de tels hymnes aux larmes, il faut donc une bonne dose d'humour, un ego en forme et un minimum de cynisme : allusions engagées (veille des élections oblige), railleries sur les musiciens (soit dit en passant accompagnateurs exemplaires) ou auto flatteries.
L'écriture est d'une finesse rare, tout n'est que subtilités et poésies. Même Au départ, chanson socialiste est pleine d'images lyriques. Pour ce qui est des arrangements, on pense immédiatement à des grands noms comme Bashung ou Etienne Daho. Mais rien n'est jamais pareil, les sons du piano ou de la basse sont tour à tour electros ou classiques et l'ensemble de l'album Pourquoi battait mon cœur fait battre le nôtre.
Il faudra attendre les premiers extraits de la BO des Chansons d'amour pour que les larmes coulent (Les yeux au ciel). J'avais découvert Alex Beaupain dans La Belle Personne de Christophe Honoré avec ses arrangements à bouleverser tous les petits cœurs de midinettes.
Cette découverte fut suivie de celles des autres films d'Honoré dont les bandes originales étaient aussi de Beaupain. Depuis, l'un n'est plus dissociable de l'autre. On ne peut imaginer les Chansons d'amour ou les Biens Aimés sans la plume de Beaupain...Et en concert, on ne peut entendre un air sans imaginer le film qu'en aurait fait Honoré. Ce lien ajouté à la nonchalance et à l'allure parisienne du chanteur créé le charme et a envoûté la salle jusqu'à un peu plus de minuit.
Mathilde 



 Les Fake Oddity ont bien évolué, et leur nouvel album, "French Beauté", plus folk et abouti que le précédent ("Run fast") témoigne d'une véritable mue sonore, dans les bons sens du terme.
La voix est originale et profonde, les instruments se répondent, s'assemblent, l'ambiance est dansante et maîtrisée."Magnificent Tribe" a des airs de Vampire Weekend, sorte de musique psyché, planante. L'excellente "Jacob's Staff", ponctuée de "Ha ha ha ha" déjantés, nous embarque dans une atmosphère country mâtinée de pop, on se retrouve presque propulsés dans un road-movie aveuglant. L'influence rock, très présente sur "Run fast" est délaissée, au profit d'une musique plus acoustique, plus spontanée, caractérisée par la présence inimitable des membres du groupe.


La voix est assurée, et le regard vif, perçant. Frédéric Bobin et ses deux musiciens livrent une musique sincère et juste, habitée par des images saisissantes et des personnages aux destins contemporains. Des paroles qui dépeignent de façon réaliste un monde en perpétuel mouvement. "Ce siècle avait deux ans" communique une détresse universelle, entre histoire d'amour révolue et pluie d'informations. L'ambiance n'est pas à la rigolade, certes, mais l'énergie du groupe dissipe les sentiments moroses.



Déjà, l'audace. La malice. Du début à la fin du concert, Alex Beaupain ne cessera de jouer avec le public, entre auto dérision, apartés politiques et une once de cynisme. Le tout d'un air pince-sans-rire et effronté. Car, ne l'oublions pas, le concert a lieu la veille du second tour de l'élection présidentielle. La campagne officielle est arrêtée, mais "ça ne nous empêche pas de chanter des chansons", et le groupe d'entamer "Au départ", l'histoire d'un socialisme brisé, en parallèle avec celle d'un couple. "Au départ au départ, un homme une rose à la main"... L'histoire aura prouvé que la rose est encore (un peu) d'actualité.  Revenons-en au fait. 
Impossible de ne pas associer les chansons d'Alex Beaupain à des scènes de film, même quand elles n'en font pas partie. La poésie qui s'en dégage et les images pleines de véracité qui en émergent esquissent un décor, un regard éclairé, un geste rapide, un ralenti. De la musique mélancolique, qui ne sombre pas pour autant dans le pathétique (du moins, pas toujours).
Sur "La beauté du geste", la voix, un rien susurrante, tellement mélodieuse, nous enchante littéralement. Le violoncelle, virtuose, nous donne la chair de poule. Et on voit Ismaël et Erwann évoluer sous nos yeux, comme dans "Les chansons d'amour". 
Alex Beaupain trouve qu'en France on ne parle pas assez de Marine le Pull, il décide alors de se lancer dans la reprise du "Pull marine", dans une version plus sombre, plus émouvante peut-être, que l'originale. 
Les musiciens, hors pair, accompagnent Alex Beaupain avec une aisance déconcertante. Un univers se crée, là, devant nous, le temps se fige, comme dans un rêve. La musique, puis les mots. Si bien assemblés, harmonie parfaite.
Personnage étonnant à la silhouette discrète et au visage presque timide, Alex Beaupain ne se contente pas de se pointer sur scène, de marmonner quelques mercis et de se tirer illico. Il improvise, interpelle et impressionne. Une autre façon de voir les choses, de façon plus humaine peut-être, en essayant de briser la glace... tout en gardant sa place.
En mélangeant les genres, et en passant de chansons à l'allure symphonique à d'autres, plus intimes et étoffées, Alex Beaupain a tout pour devenir un artiste incontournable de la chanson française, si il ne l'est pas déjà...

Léa

See you next year  ! 


18 mars 2012

La Pie + JÜNE

La Pie + JÜNE
14 mars 2012
Médiathèque de Vaise


Les premiers signes du printemps. Chaleur pré estivale. Ciel translucide.
C'est à la médiathèque de Vaise, avant les derniers rayons de soleil que deux trios folk de la section musique actuelle du conservatoire se produisent. La Pie et Jüne. Il ne servirait à rien de mentir. Si La Pie était un groupe convaincant, Jüne a fait plus que convaincre. Les deux groupes sont cependant différents et il n'est pas question de faire une comparaison.

La Pie. Deux guitares plutôt virtuoses, parfois une trompette (qui apporte un petit côté vieux film noir et blanc en bord de mer...mais on s'égare), et une voix soul ou reggae à souhait.
Des textes tour à tour en français ou en anglais. Des rimes improbables et des paroles hippies écolos. Le tout forme une somme assez homogène d'influences variées. On passe de la soul, au jazz, au reggae, parfois au blues sans s'en rendre compte. L'ensemble se tient, mais c'est la dernière chanson qui fera décoller le concert. L'odeur du tabac. Cigarette. Cette belle voix est enfin exploitée en profondeur. Une petite détonation de couleurs pour une fin réussie.

Jüne s'installe. Look fleuri très frais, un peu vintage sur les bords. Tout est dans le naturel. Les styles différents de ces trois demoiselles créent un assortiment harmonieux. Si je vous décris tout cela, ce n'est pas parce que j'ai décidé de devenir spécialiste de la mode (je laisse ce sujet à des personnes plus compétentes que moi), mais parce que ces filles ressemblent à leur musique.
Un bol d'air frais qui finit de nous convaincre que c'est le printemps...Je disais donc, une musique fleurie, fraîche et naturelle.
Formation inhabituelle donc forcément originale : une guitariste (la réincarnation de Lou Doillon ? Je crains de ne pas être la première à le dire) pour le folk, une violoncelliste pour le swing, le côté pop de chambre, le rythme et un petit bijou de voix qui fait (presque tout) le reste. C'est comme la cerise sur le gâteau.
Mais ce qui fait Jüne, on le sent, c'est leur joie de vivre communicative, elles ont le sourire contagieux.
Leurs arrangements sont tout simplement bluffants et leurs chansons toujours surprenantes. Elles empruntent des chemins inconnus jusqu'ici. Bien sur on pourrait les comparer à d'autres. Les premières qui me viennent à l'esprit sont les Puppini Sisters, trio de pin up des 40's modernes aux voix enchanteresses. On pourrait aussi citer Camille pour la complémentarité des voix (c'est impressionnant comme la deuxième met en valeur la première sans pour autant rester dans l'ombre et verser dans la banalité d'un contre chant à la tierce). Elles font également penser à Brigitte évidemment, pour le style. Mais aussi Revolver qui, comme ses membres aiment le dire fait de la pop de chambre (un mélange de voix entre paroles et vocalises popisées, un violoncelle, des guitares folk, Jüne au masculin). Il y parfois quelques petits airs de The Two, en effet les deux chanteuses boxent dans la catégorie « voix magiques qui peut faire n'importe quoi en restant juste et belle » : graves, aigus, chuchotements, montées, descentes, tout paraît si simple. Celle de Laura, la chanteuse de Jüne est à la fois enfantine et pleine de profondeur, jeune, joueuse, légère mais grave. Innocent Soul. Rageant non ?
On a beau comparer Jüne à des noms connus, elles ont quand même le petit « je ne sais quoi » qui fait tout. Peut être est-ce le charisme de Laura sur scène ou alors les petits pas de danse de Tanais, la violoncelliste, ou encore le côté Patti Smith de la guitariste Léa (ok, toute à l'heure c'était Lou Doillon, je n'arrive pas à me décider).
Pas facile de croire qu'autant de talent se cache dans ces trois jeunes donzelles. Leur set est comme un album qu'on écouterait en boucle, le genre de musique qui ne lasse pas.
Difficile de trouver des points faibles, je n'en ai même pas l'envie. Si les petits « foirages scéniques » (que personne n'a entendu) s'effaceront avec le temps et les scènes, le reste était irréprochable. Mais pourquoi s'évertuer à chercher la petite bête au lieu de simplement dire que j'ai aimé et vous conseiller d'aller les voir au plus vite ? J'attendrais de les revoir en concert et d'écouter plus en détail des enregistrements pour analyser en détail cette musique si rafraîchissante, trouver un petit défaut pour finir par aimer encore plus.
JÜNE IS HYPE !
Mathilde

A écouter : 1993 de JÜNE, Mr Sandman des Puppini Sisters, Ma Benz de Brigitte ou Coeur de Chewing Gum, Balulalow des Revolver, Everyday des Two.

25 janvier 2012

Frogs - Concert

Frogs
20 janvier 2012
Théâtre des Maristes

Première partie : les Maristes ont un incroyable talent.
On ne savait pas vraiment à quoi s'attendre de la première partie du concert. A vrai dire on débarquait en terrain totalement inconnu. On ne s'étendra donc pas sur le sujet.
On peut quand même mentionner les noms de Nicolas qui nous a bien surpris avec sa reprise de Brassens, Madeleine qui a assuré avec son blues de Memphis et Clémentine qui nous a littéralement fasciné avec sa reprise d’Adèle. On a aussi beaucoup aimé la danse de Louis. Impressionnant. Il faut aussi remarquer la présence de quelques comédiens talentueux (qui citent toutefois un petit peu trop Norman fait des vidéos ou Very Bad Blagues... On les pardonne, ce sont de bonnes références).


On était venu pour Frogs. On n'a pas été déçu.
ILS commencent fort et se mettent d'emblée le public (nous compris) dans la poche avec la reprise du tube du film Bus Palladium "Que tu le veuilles ou non".
Emblème des BB rockeurs. La chanson groovy va parfaitement au groupe. Ils se l'approprient avec une nonchalance et un je m'en foutisme presque rageant.
Les chansons qui suivront auront toutes la même efficacité. Ça claque, ça bouge, c'est sexy, c'en est presque énervant. Tout paraît facile. On est beaucoup trop vite emballé. Mais on ne peut pas s'en empêcher. C'est comme ça.
On aime les mélodies jazzy au piano et les riffs de basse swinguant mais aussi le petit côté charmeur de "Marie m'a dit Juana", l'"impro" blues quelque peu hallucinogène et les couplets radiophoniques de "Route 66".


Interview la semaine prochaine!


Mathilde


Une première partie plus que déroutante. Une expérience à vivre une fois dans sa vie ? 


"Toute la nuit, toute la journée..." : dès les premières notes, Frogs s'impose, s'implante. On pourrait alors penser (l'esprit railleur qui prend le dessus) : ils commencent par une reprise, ils ne prennent pas trop de risques, c'est facile... Mais la suite du concert est largement à la hauteur de la première chanson, enivrante. Tout s'enchaîne, sans fausses notes, les quatre musiciens réalisent une véritable invasion sonore, contre notre gré, si on peut dire. Ambiance électrique, énergique. Le groupe, spontané, joue sincèrement, sans dégager cette impression de surface lisse, de plasticité, de musique inerte, qui caractérise certains groupes, en live. Une musique vivante. Survivante ? 

Léa