28 mars 2013

Chronique Hivernale

Pour un début de printemps timide.


C'était le 30 novembre et ça commençait mal. The Black Keys à la Halle Tony Garnier à 20h30. 19H30, le métro arrive...et soudain, une vision : ma place consciencieusement bien posée sur mon bureau. Chez moi.
0° au thermomètre + sprint de 10minutes = pneumonie.
On débarque pendant la première chanson de The Maccabees.
Le chanteur avait sorti le pyjama pour l'occasion. L'effet fut assez réussi. Les chansons planantes nous ont transportés dans un univers onirique qui évoque des groupes comme Keane, The Killers. Cependant The Maccabees se détache de ces groupe en apportant une pop plus rock que variété. Peu expansif sur scène mais efficace, le groupe ne réussit pourtant pas à nous faire oublier ce qui arrive après et c'est toute la Halle qui trépigne d'impatience.
Une demie heure plus tard on comprend la fébrilité qui anime 12 000personnes. Dès les premières notes de Howlin' for you on commence à se déhancher, à chanter. Jamais je n'avais autant dansé pendant un concert. L'euphorie faisait bouger nos pieds et nos épaules, chanter en cœur les hymnes du groupe. Impossible de réécouter les versions studio sans fermer les yeux et revoir ces lumières traverser l'air saturé de la salle ou encore ces énormes boules à facettes descendant pour le rappel qui ont ensorcelé le public.
Préférant d'habitude les concerts un peu plus intimistes dans des salles plus petites, j'ai fait exception cette fois-ci. Aucun regret : rien que le refrain de Lonely Boy entonné par 12 000 personnes en valait la peine ! Concert jouissif et inoubliable !

C'était le 8 décembre et tout se déroulait à merveille. Arrivées à 10h30, ouverture du musée à 11h, 420 places pour l'expo. 371, 372. Dans les tubes du centre Pompidou on voit la file d'attente qui s'étire et encercle la place. Avoir moins de 18ans un samedi matin pour voir la rétrospective Dalí donne un sentiment de puissance... Qui disparaît très vite. Faire 1m60 un samedi matin à la rétrospective Dalí c'est la garantie de ne voir que le haut des tableaux lorsqu'ils sont assez grands. En jouant des coudes on parvient à accéder aux œuvres. Au final les impressions sont mitigées. Certaines toiles sont particulièrement frappantes, complètement folles et délirantes, d'autres laissent complètement impassible. N'étant pas une spécialiste de l'artiste et l'expo étant terminée...Je ne m'essayerai pas à des élucubrations ennuyeuses sur le surréalisme.
La maison de Dalí ou le musée qui lui est dédié à Figueres sont plus intéressants, plus variés. Et puis contrairement à Paris, en Espagne, il fait beau !

Un jour en décembre, ou peut être était-ce en novembre. Je ne sais plus. Il y a eu ce concert/spectacle, Un Cabaret de chansons françaises à l'ENSATT (École National des Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre). Les étudiants avaient pour l'occasion chauffé leurs cordes vocales pour reprendre les succès d'antan : Barbara, Boris Vian, Boby Lapointe, Léo Ferré, Trenet, Claude Nougaro et autres. Une présentation spontanée avant un passage dans l'émission de Philippe Meyer sur France Inter (La prochaine fois je vous chanterai). Le côté informel de la salle, la mise en scène épurée et modeste, les chanteurs et chanteuses ingénues ont fait leur effet. « Dis quand reviendras tu », « Fais moi mal Johnny », autant de vieux succès revivifiés par de jeunes comédiens dirigés par Catherine Molmerret.

La Fausse Suivante © Didier Grappe
Les dates se confondent lorsqu'il s'agit de parler de George Dandin de Molière, mise en scène au théâtre de la Croix Rousse par Jacques Osinski. Un ascenseur qui s'ouvre « façon David Lynch » disent les acteurs, pour le côté intemporel de Molière. Peut être est ce moi qui vient d'un autre temps, car je n'ai pas compris.
Dans ce même théâtre il y a aussi eu Broadway Melody, comédie musicale pleine de paillettes, de froufrous. Très peu pour moi merci.
Pour relever le niveau, début janvier, ce devait être le 15,
j'ai assisté à une représentation de La Fausse Suivante de Marivaux. Nadia Vonderheyden a réussi une mise en scène poétique et réflexive sur l'art du théâtre en lui même et le port du masque. Si le mariage par intérêt n'est plus tellement d'actualité, voir triompher la fausse suivante reste une jubilation féministe assez agréable. On aura retenu la musique. Anachronique à faire exploser les sonotones des quinquagénaires.

Le 23 février, on était au Citron pour voir Kimo, Claire et surtout Ben is Brooklyn...Mais on vous reparlera plus amplement de ce dernier plus tard. Croyez moi, ça vaut la peine d'attendre ! En attendant, c'est le moment d'aller squatter son Tumblr, son facebook et d'écouter quelques titres pour vous mettre dans l'ambiance.
On note la reprise sympathique de Life's going down d'Izia par Kimo et la constance de Claire, toujours aussi prompte à annoncer le printemps (interview et chronique ici).

Mathilde

25 mars 2013

Unibox - Interview

Au cours d'une escapade parisienne, on a retrouvé Valentine et Baptiste du groupe Unibox au Studio Bleu 10ème. Interview à l'image du premier EP du groupe sorti en janvier : légère et chaleureuse.

Unibox, à leurs débuts, c'est une histoire d'insomnie : « Je ne dormais pas beaucoup la nuit et pour m'occuper, je composais beaucoup avec mon ordinateur. » (Valentine).
D’où ce murmure incessant qui berce l'EP :
« J'enregistrais la nuit et il ne fallait pas que je réveille mon frère, donc je suis partie la dessus et puis j'ai fait écouter pour sortir de cette bulle insomniaque et les retours ont été plutôt intéressants, j'arrivais tout d'un coup à faire entrer les gens dans ma bulle, j'arrivais à capter les gens différemment. Je trouve cette façon de parler très intéressante » (Valentine)
A partir de ce moment, la bulle s'est agrandie pour devenir une joyeuse « fanfare acoustique » de huit musiciens, pour se rétrécir à nouveau un an plus tard et former une « boîte ».
« A l'origine, le nom vient d'un tag dans le métro, après le concept de boîte, c'est rigolo on peut mettre plein de choses à l'intérieur, et puis ce n'est qu'une seule boîte, on retrouve notre cocon, notre bulle... sauf que c'est une bulle carrée » (Valentine)
« Et ça il y a peu de gens qui arrivent le faire... et puis c'est dans l'air du temps, les box (rires) » (Baptiste)
Une bulle carrée à six faces donc : Valentine (claviers et voix), Baptiste (batterie, dépannage, mandoline...), Loïc (guitare), Théo (basse), Adeline et Alice (auteures des textes).
« On a réduit l'ampleur pour être beaucoup plus fort en intensité, proposer des sons beaucoup plus travaillés » (Valentine)
« A quatre tu as beaucoup plus de latitude pour bosser les sons » (Baptiste)

Un changement n'arrive jamais seul, le groupe passe ainsi de l'anglais au français, « Parce qu'on est pour la langue française (rires). » (Valentine)
« C'est un peu la facilité l'anglais...et puis être meilleur que les anglais sur de l'anglais c'est pas évident. » (Baptiste).
Mais de quels anglais parlons-nous au juste ? «Il y a Neil Young, JJ Cale qui peuvent se rapprocher de nous dans les sons rythmiques qu'on recherche à la batterie ou à la basse, des sons très mats, très doux. Et puis après il y a les standards : Beatles et tout ça...Mais si on parle de français, il y a un artiste que j'aime beaucoup en ce moment c'est Bertrand Belin, c'est le type de son que l'on recherche, il y aussi LE groupe à la mode en ce moment à Paris, FAUVE.
Unibox créé son univers, un univers de mots qui nous évoque entre autres Camille, Jane Birkin, Gainsbourg (le père mais aussi et surtout la fille), Mc Solaar : « Je suis plus MC Solaar que Grand corps malade que je n'écoute pas trop. » (Valentine). Des chansons comme Caroline non ? « C'est marrant que tu en parles parce que c'est une reprise qu'on est en train de bosser en ce moment. »
Les mots ce sont Adeline et Alice qui les écrivent : « On leur envoie les instrus avant, on décide des sujets, des couleurs, du style. On choisit l'auteure en fonction de la prod (elles écrivent séparément), ensuite on fait des allers-retours, elles nous expliquent comment elles ont conçu la chanson pour que l'intensité soit la même. On a du vécu en commun, c'est plus facile, elles connaissent ma sensibilité, elles savent comment je vais toucher les gens avec. » (Valentine)

La singularité d'Unibox réside avant tout dans le murmure de la voix. Oscillant entre slam et chant, il se pose toujours légèrement sur des arrangements épurés, « très aériens ». Et il sonne juste, chaque syllabe résonne.
« MC Solaar fait très attention au flow, je suis très sensible à ce genre de choses, pour ça j'ai beaucoup travaillé avec Baptiste, Loïc le guitariste et notre ingé' son. C'est très dur d'avoir un ton juste. » (Valentine)
« La manière dont elle place les mots est assez instinctive, après on a travaillé en studio quand on a enregistré cet hiver, pour équilibrer sur la métrique de la musique. Quand il y a plus de chant, la mélodie conditionne le placement des mots, là tout doit passer par le rythme, c'est une autre manière d'aborder les choses. » (Baptiste)
A la première écoute, on est dans l'attente, on pense que la voix va s'emballer. Et arrivé à la dernière note, on comprend qu'on est conditionné par une certaine vision de la musique qui exige une voix chantée lorsqu'on entend une instrumentation pop folk. Alors on réécoute et on trouve la mélodie que la voix suggère, le rythme. Et au fur et à mesure de l'écoute, on commence à percevoir une foule de petits détails...
« On travaille beaucoup sur la petite touche, c'est ce que je trouve super intéressant dans ce qu'on a fait avec l'ingénieur du son, on a passé des heures à travailler le son (et à boire des coups... ), sur les petits détails qui ne s'entendent pas forcément à la première écoute. Un morceau pour le terminer ça nous prend des mois, il passe par plusieurs stades.» (Baptiste)
On entend parfois un piano façon Yann Tiersen (sur La fille de l'air, Suis moi...même les paroles de Les grains rappelle Amélie Poulain), des rythmes jazzy, mais aussi des petits moments électros (De toi à moi).
« Sur les prochains morceaux, l'idée c'est de mettre un peu plus de boucles électros. » (Baptiste)
« Des petites touches, des petites paillettes, on est pas très expansifs, on est dans l'énergie retenue. » (Valentine)
Ce sont ces petites paillettes qui font la magie de l'EP, musicalement carré, poétiquement rond. Le son est chaleureux. « On veut que les gens se sentent chez eux ». Quand on leur demande de décrire leur son ou lorsqu'on lit leur biographie, ce sont les mots « boisé », « organique » qui reviennent. On retrouve ce même bois aux couleurs chaudes sur la pochette.
« Le terme organique vient du studio, c'est pour l'opposer aux sons numérique... Tu vois le son des marimbas ? C'est boisé, c'est du vrai son... D'ailleurs il faudrait qu'on ait des marimbas sur le prochain morceau, après la mandoline ça fera bien... C'est du son plus proche de l'humain.» (Baptiste)
« On a enregistré dans une vieille maison avec un vieux parquet, avec des poutres, et le son avait une couleur très particulière, c'était le mot, on cherche un son chaud. » (Valentine)
« Donc pour résumer, vous faîtes de la musique BIO... » (Our Degeneration)
« Ah ! C'est un super concept ça, un album au bilan carbone très faible. » (Valentine
« Musique équitable, un EP acheté, un paquet de café offert ! » (Our Degeneration)



Unibox est donc un EP à écouter tranquillement pour s'imprégner des sons, des couleurs et des images que la musique amène. Mais la perspective du live titille notre curiosité...
« On veut d'abord que le public s'approprie la musique personnellement et qu'il la redécouvre d'une autre manière sur scène. Le choix de la salle est très important, il faut que le son soit bon pour murmurer, on cherche un coin où c'est tranquille. On réfléchit à un concept de concert cosy, les concerts en appartement, où les gens sont vraiment assis dans leur canap' ! » (Valentine)
« Sinon on va installer des canapés dans les salles de concert (rires) ! Il faut arriver à créer un cocon sur scène mais avec assez d'énergie, pas forcément pour que les gens dansent mais pour créer une ambiance. » (Baptiste)



Dans les mois qui viennent, Unibox entend bien défendre son EP. (Peut être un passage par Lyon...?)
« Il faut refaire de la scène, aller voir les gens ! » (Baptiste)
« C'est là que la musique se passe ! On attend de voir les retours et puis on aime bien tester les chansons sur scène. » (Valentine)
Et pour ce qui est des futurs enregistrements, ça a également l'air d'être bien parti !
«  On souhaite partir soit sur un deuxième EP, soit sur un album. Le premier EP, l'objectif c'était d'avoir un objet, maintenant le projet ne demande qu'à évoluer ! On aimerait construire un vrai visuel. Et puis on a les compos pour repartir sur un... double album best of (rires) !» (Baptiste)
« C'est fou, Baptiste arrive toutes les semaines avec une nouvelle compo... » (Valentine)
« Moi la perspective de retourner en studio (soupir de contentement)...c'est Disney Land un studio ! » (Baptiste)


Les questions traditionnelles Our Degeneration

La dernière chanson que vous avez écoutée ?
Valentine : Saycet 

Le dernier album que vous avez acheté ou téléchargé (illégalement...ou pas) ?
Baptiste : Alt-J, An Awesome Wave
Valentine : La BO d'un documentaire.

Le dernier film que vous avez vu :
Baptiste : Argo de Ben Affleck

Le dernier livre que vous avez lu ?
Valentine : Une BD : Joséphine de Pénélope Bagieu

Un souvenir de concert ?
Baptiste : Paul McCartney il y a un an à Bercy.
Valentine : Un concert Noomiz je pense.


Mathilde

10 mars 2013

Alone with everybody – Chronique

Isolation Row
Sortie le 22 mars 2013

Avec les premiers rayons de soleil, en même temps que le thermomètre se réveille de son hibernation sort un album idéal pour entrer en douceur dans le printemps (sortie le 22mars).
L'ouverture de l'album d'Alone with everybody fait rester un peu plus la mélancolie hivernale grâce à une pop caressante. Celle-ci évoque les paysages britanniques encore embrumés au petit matin ou encore la BO du filmgallois Submarine (composée par Alex Turner).
A brief breath of spring marque un tournant, une illumination dans l'album. La sensation printanière se confirme avec la (très/trop) courte You don't deserve it et enfin à la dernière chanson, ultime ballade : « des effluves de printemps arrivant », My love grows, berceuse aux échos radiophoniques dont l'intensité rappelle celle d'Antony and theJohnsons.
Les amoureux de folk, pop-folk (Beatles ou plus récemment et plus mélancoliques : Kings of Convenience... avec l'album Riot on anempty street coécrit par Feist) ou encore du Velvet, seront rassasiés et même agréablement surpris. Eyes blurred with tears baigne dans un univers très beatlesien tout comme A little while, subtile allusion à Let it be?
Le duo (un frère, une sœur ; Camille et Louisa ; chant/guitare, clavier/chœurs) pose une ambiance intimiste et planante. Lorsqu'elles s'entremêlent, les voix ne deviennent qu'une et, accompagnées par des arrangements réservés et sans prétention, elles nous installent confortablement dans un cocon de douceur.


Mathilde

12 février 2013

Chanson de la semaine #29


Elles se font rares les chansons de la semaine sur Our Degeneration. A vrai dire, la liste des articles en attente d'un petit peu de temps pour être écrits se rallonge de jour en jour. Et pourtant ce ne sont pas les projets ni les idées qui manquent mais juste un moment de répit, de calme et de solitude pour retrouver le plaisir d'écrire, perdu au milieu d'un tas de révisions, de dates et de noms. "You're a good time killer"
Plus le temps d'écrire, plus le temps d'écouter et ni même de se déplacer pour un concert. Combien en ai-je manqué ce mois-ci? Combien d'interviews attendent d'être enregistrées? Combien de chansons de la semaine avons-nous de retard? Beaucoup trop!

Alors oui. Life's a bitch!

Life's a beach
Django Django
2012



C'est avec le rock psychédélique orientalisant des écossais Django Django que je me shoote cette semaine. Ça commence doucement, puis la frénésie s'installe. Le charmeur de serpent est un riff de guitare et le reptile danse le rock and roll. L’éclectisme est définitivement le point fort de l'album des Django Django sorti il y a un an!

Mathilde


18 janvier 2013

Django Unchained - Quentin Tarantino

Django Unchained
Quentin Tarantino

La détermination de Django à retrouver sa femme est comparable à celle de Beatrix Kiddo à tuer Bill. C'est la même lueur de vengeance qui se lit dans le regard des deux personnages de Tarantino et c'est la même jubilation qui fait gonfler le cœur du spectateur lorsque le héros défie son ennemi, tout son corps tendu au combat, sur une musique majestueuse.
Dans ses plans parfaitement chorégraphiés, dans sa manière de faire gicler le sang on reconnaît le réalisateur et c'est avec un sourire qu'on accueille le film, comme un vieil ami qui réapparaît après plus de trois ans d'absence.
Aussi bon que les précédents et largement à la hauteur de nos espérances, Django Unchained, western plus Tarantinesque que spaghetti, semble comme un terrain de jeu pour grands enfants. Parmi eux, dans le camp des méchants, Calvin Candie (Leonardo DiCaprio) cruel mais crédule dans un rôle taillé pour les yeux malicieux et le sourire provocateur de l'acteur. Et dans le camp des gentils, King Schultz (Christoph Waltz) avec sa gaieté communicative et ses valeurs décalées dans l'Amérique de 1858, et bien sur, Tarantino lui même, qui a l'air de bien s'amuser à nous balancer au rythme des rebondissements de l'action.
Les dialogues sonnent justes, l'humour est franc et plus encore que dans Inglourious Basterds, l'engagement est grand et l'émotion poignante ! Les discours sur la liberté sont sincères et le faste de la mise en scène rend le message encore plus intense.
Quant à Jamie Foxx, moins loquace mais plus noir (sans mauvais jeu de mot) que les autres personnages il n'en est que plus impressionnant. Il se coule avec une facilité étonnante dans l'univers folklorique de ce cinéma grandiose. Sur son cheval, la tête haute, chapeau noir et lunettes rondes, il colle parfaitement à l'idée qu'on se fait du cow-boy triomphant. « I like the way you die boy. », parce que mourir dans un film comme celui-ci, c'est un sacré spectacle !


Synopsis : « Somewhere in the South of the USA ». 1858. Le Dr King Schultz, ex dentiste reconverti en chasseur de prime achète Django, esclave rebelle, pour trouver les frères Brittle. Et les tuer. En échange de ses services, l'allemand rend sa liberté à Django et décide de l'aider à retrouver sa femme, vendue séparément de lui au riche propriétaire d'une plantation, Calvin Candie. 2H44 de pure jouissance !




Mathilde

8 janvier 2013

J'ai vu (Fin 2012)

J'ai vu (Fin 2012) par Mathilde

*A éviter sauf sous la torture
** Mais encore?!
*** Pas mal
**** Carrément ouais!
***** Fantastique, sublimissime...
De très bons films, des BO absolument fantastiques... Ça méritait bien une petite playlist spécial "J'ai vu (Fin 2012)". Disponible ici (Deezer).

FIVE STARS (Catégorie bien remplie cette fois-ci!)


Indian Runner de Sean Penn 1990
*****
The Indian Runner ne se raconte pas, il se vit. Ne restent que des images : Le désespoir résigné de Joe. La moue ingénue de Dorothy. Et surtout, Frank (Viggo Mortensen) le visage enfumé, le regard bon mais le sourire mauvais.
1968, Joe et Frank sont frères, le premier vit tranquillement, devenu policier après la vente de sa ferme il essaye vainement d'aider le second qui revient du Vietnam, vadrouille entre prison et hôtel miteux cherchant désespérément un sens à sa vie, avec accrochée à lui, la jeune Dorothy.
Sean Penn créé un paradoxe entre la violence des images et la beauté qui s'en dégage, la tension est partout ou Frank apparaît, le regard de Viggo Mortensen hante l'ensemble du film. Et puis il y a cet Indien qui court, qui court pour grandir. Il y a encore cette chanson de Bruce Springsteen : Highway Patrolman, I got a brother named Franky and Franky ain't no good, scénario musical.

L'étoffe des héros de Philip Kaufman 1983 *****
Piloter un petit avion, traverser pour la première fois le mur du son au dessus des immensités américaines, boire un verre, remonter dans l'avion, aller toujours plus vite, tomber, se relever. Tout ça, c'est la classe absolue de Chuck Yeager (Sam Shepard).
De 1947 aux années 60, du franchissement du mur du son à la conquête spatiale on suit parallèlement l'histoire de Chuck et celle des sept premiers astronautes américains. Compétition de vitesse, préparation physique intensive, début de l'omniprésence des médias, angoisse des femmes de pilotes, John Kennedy, Krouchtchev, Guerre Froide...Le film fleuve couvre une multitude de sujet en apportant une belle réflexion sur le danger, la gloire et l'importance de la médiatisation.
A voir également du même réalisateur : L'insoutenable légèreté de l'être
A voir avec Sam Shepard : (acteur et scénariste) Don't come knocking de Wim Wenders, (scénariste) Paris Texas de Wim Wenders

Le discours d'un roi de Tom Hooper 2010 *****
Pour ma part j'ai toujours trouvé le bégaiement attendrissant, parfois même charmant. Mais il est vrai que quand on s'appelle George VI et qu'on doit prononcer un discours radiophonique d'entrée en guerre contre l'Allemagne, il vaut mieux avoir un bon orthophoniste pour régler le problème. Logue est l'homme de la situation et ses exercices originaux rendent les scènes de pratique hilarantes. La (presque) authenticité de l'histoire fait découvrir la monarchie anglaise et ses codes sous un angle légèrement plus intéressant que celui des médias qui commentent le dernier mariage en date par exemple... Le film humanise ce monde qu'on croit si lointain du notre et finalement, avant de raconter le combat d'un roi, le film parle du combat d'un homme. La photographie et la mise en scène sont précises et les trois acteurs principaux (Firth, Bonham Carter, Rush) sont « délicieux » !


Drive de Nicolas Winding Refn 2011 *****
Difficile d'être objectif face à un tel...film. Si peu de paroles, tant de frissons. C'est un déchaînement de force qui marche aux côtés d'une extrême douceur. Au final l'histoire a été vue, vue, vue et revue au cinéma, le scénario est plutôt habituel pour un bon film d'action. La particularité de Drive ? L'ambivalence du personnage, le charisme fascinant du Driver/Ryan Gosling. Les claviers vintages, l'electro-pop des années 80-90 et celle de Kavinsky apportent une touche planante à l'ambiance enivrante du film.

Le fabuleux destin d'Amélie Poulain de Jean Pierre Jeunet 2001 *****
Ça doit être la lumière du film...Ou peut être les couleurs. Le halo vert des gares, les toits orangés de Paris. Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain, c'est un vieil ami, un ami d'enfance qui rappelle des souvenirs chaleureux. La voix d'André Dussollier nous parle avec des images, des sensations, des odeurs et à chaque fois que mon chemin croise celui d'une crème brûlée ou d'un sac de grain, le petit sourire en coin d'Audrey Tautou s'impose à moi. A chaque visionnage, de nouveaux détails me sont dévoilés et la scène du baiser reste l'une des plus belles du cinéma français. Chaque personnage est unique, cliché mais dans le bon sens du terme puisqu'on a tous dans notre entourage une Mme Suzanne, une Georgette, un Lucien,un Collignon et au fond... On a tous un petit peu d'Amélie en nous.

FOUR STARS

Une éducation de Lone Scherfig 2009 ***(*)
Londres, 1960. Une lycéenne brillante rêve d'entrer à Oxford jusqu'à ce qu'elle rencontre un bel homme au métier un peu louche, un peu trop vieux pour elle, qui l’entraîne dans les soirées mondaines. Elle oublie peu à peu ses études, s'envole sur son petit nuage. L'atterrissage n'en sera que plus douloureux.
Une belle leçon sur l'émancipation des femmes, sur l'amour et même sur la famille.
Les décors et les costumes élégants sans être prétentieux sont mis en valeur par une photographie à la fois claire et rigoureuse. La lumière générale rend parfaitement bien l'atmosphère du passage de l'adolescence à l'age adulte.
Scénario de Nick Hornby (High Fidelity, Juliet Naked chroniqué ici)

Les bien aimés de ChristopheHonoré 2011 **** <-- Chronique déjà publiée

Submarine de Richard Ayoade2011 ****(*) <-- Chronique déjà publiée

Le Seigneur des Anneaux - Le retour du roi de  Peter Jackson 2003 ****

Je n'aurais pas du voir...

Friends with benefits (*)
Un gros navet. Et comme dans tous les gros navets, on se marre bien au début et on trouve la Happy End pitoyable de pathétique à l'américaine. Cliché, cliché, cliché. Sinon l'histoire, on s'en fou un peu, d'ailleurs y a-t-il vraiment une histoire ? Mais au cas vous voudriez quand même la connaître, c'est un mec qui débarque à New York pour être directeur artistique de GQ (Big cliché), sex entre amis avec la fille qui l'a accueilli à New York (Mila Kunis, jolie, branchée, bohème...Cliché!), ils arrêtent de coucher ensemble, ils sortent avec d'autres gens, ça ne marche pas, ils partent à LA dans la famille de Justin Timberlake (père Alzheimer, neveu bizarre, sœur protectrice...Clichés). Ils tombent amoureux, il refuse de l'admettre, elle se tire, il comprend pas, il finit par comprendre. Il se rend compte qu'il l'aime, il organise un flashmob (la ce n'est même plus du cliché, c'est du pur ridicule)  dans la grande gare centrale, ils s'aiment...Blablabla et cetera, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.
Moi cynique ?

6 janvier 2013

Tous les soleils - Chronique Cinéma par Silvio de Vision Jeune

Tous les soleils de Philippe Claudel


Alessandro [Stefano Accorci], professeur de musique baroque à l'université de Strasbourg, vit sa vie comme il le peut, entre le souvenir de sa femme morte il y a une quinzaine d'années ; son frère Luigi [Neri Marcorè], un doux révolutionnaire, réfugié italien, qui refuse de sortir de l'appartement tant que Silvio Berlusconi sera au pouvoir dans son pays ; et sa fille Irinia [Lisa Cipriani], 15 ans, qui grandit plus vite qu'il ne le souhaiterais.
Lecteur volontaire dans les hospices, il est affecté par la disparition de l'une de ses plus fidèles patientes: Agathe. En même temps, Irina va rencontrer un garçon de son âge, avec qui elle va découvrir les premières joies de l'amour. Alessandro, perdu, voit la relation avec sa fille se dégrader, les disputes se multiplier.
C'est dans cette ambiance folle et instable que tous vont essayer de changer les choses: Luigi en convainquant la postière du pouvoir qu'elle a de « mettre un grain de sable dans la machine », Alessandro en rencontrant la fille de sa patiente disparue, et Irina en voulant trouver quelqu'un pour son père.

Le film de Philippe Claudel, sorti en 2011, propose une histoire à la fois légère et humaine, tellement pleine de rebondissements que l'on serait bien incapable de prévoir la scène qui va suivre. Tout en rires et en amour, il aborde des thèmes difficiles, comme le veuvage ou l'adolescence. La musique, très présente, se divise entre les classiques baroques préférés de Alessandro, et les musiques populaires italiennes pleines de vie. On suit avec plaisir les personnages bouillants de sentiments, un peu fou, interprétés de manière astucieuse.
Ce n'est pas une révolution cinématographique, un chef d’œuvre d'humour ou d'interprétation, mais on en sort reposé et avec un petit sourire au coin des lèvres.

Silvio de Vision jeune

 

31 décembre 2012

Articles écrits par Mathilde Dumazet sur Our Degeneration

Articles écrits par Mathilde Dumazet sur Our Degeneration


Interviews (Musique)

Quatre questions bonus à Girls in Hawaii en complément à une interview complète réalisée pour La Boîte à Musique Indé

Interview de Francis Richert, programmateur du festival de musique Changez d'air et responsable du pôle Musiques actuelles du conservatoire de Lyon

Billie

Salmon Fishers

Pomme (Claire)

Ladybug and the Wolf

Unibox

Freeds
The Flows
Dark Matter
Spam
Frogs
Upon the Bridge – Duellum - TMCN
Playme


Critiques (Musique)

Jack White

The Kooks

Patti Smith | Lou Doillon

June & Lula

C2C, Lou Doillon, The XX, Cat Power

Fauve

Joe Bel

Alone with everybody

The Wind

Pomme (Claire)

Lou Lesage

Travel Check

Panic Station

Anosmiaques


Chansons de la semaine (une trentaine d'articles) :


Concerts

Jack White | Peggy Sue

Arctic Monkeys | Tame Impala

The Kills | Week End

The Kooks | FiN | Morning Parade

Changez d'air : Fake Oddity | Frederic Bobin | Alex Beaupain

Madeleine Besson

Twin Arrows | Gina

La Pie | Jüne
Jesse K | Nina Fleury
Frogs
Freeds | Pomme (Claire)
The Genital Panik | Freeds | Blast


Critiques (Cinema)

Americano de Mathieu Demy (article relayé par le réalisateur sur son compte Facebook)

Les Bien aimés de Christophe Honoré

La piel que habito de Pedro Almodovar

La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

L'Apollonide, Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello

Submarine de Richard Ayoade

Millenium, The Girl With the Dragon Tattoo de David Fincher

Laurence Anyways de Xavier Dolan

Django Unchained de Quentin Tarantino

J'ai vu : catégorie dans laquelle je commentais brièvement tous les films que j'avais vu pendant une période donnée

Top five des meilleurs BO de films/réalisateurs : http://our-degeneration.blogspot.fr/2011/07/top-five-les-meilleures-bo-de.html


J'ai lu : catégorie dans laquelle je commentais brièvement tous les livres que j'avais lu pendant une période donnée
Bob Dylan, Stephen King, Sigmund Freud, Jean-Paul Sartre, Raymond Queneau, Franz Kafka, Albert Camus

Jean-Paul Sartre, Jean de La Bruyère, Marie Darrieussecq, Anne Wiazemsky, Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, Choderlos de Laclos

Eduardo Manet, Marie Darrieussecq, Paul Eluard, Charles Baudelaire

Katharina Hagena, P.G.Wodehouse, Mary Higgins Clark, Bernard Marie Koltès, Marguerite Duras, Mme de Lafayette, Lolita Pille, Pavel Sanaïev


Critiques (Littérature)
Les chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin

Juliet Naked de Nick Hornby


Théâtre

Amphitryon de Molière

Emma de Dominique Breda avec Julie Duroisin


Arts visuels

Biennale de l'art contemporain de Lyon 2011

Fondation Gianadda, Claude Monet

Soulages au Musée des Beaux-Arts de Lyon

Combas au Musée d'Art contemporain de Lyon

Chronique estivale (concerts, voyages, spectacles)

Chronique hivernale (concert de Black Keys, expo Dali au Centre Pompidou, George Dandin de Molière, Broadway Melody, La Fausse suivante de Marivaux)