Affichage des articles dont le libellé est Cinema. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cinema. Afficher tous les articles

19 mai 2013

J'ai vu (Début 2013)


J'ai vu (Début 2013) par Mathilde

*A éviter sauf sous la torture
** Mais encore?!
*** Pas mal
**** Carrément ouais!
***** Fantastique, sublimissime...

SORTIS RÉCEMMENT

Les Amants Passagers de Pedro Almodovar 2013 ****(*)
Loin d'être le meilleur long métrage de Pedro Almodovar, Les Amants Passagers reste une réussite totale. Son atout principal : le rire. On sent que le réalisateur s'est fait plaisir, sans se prendre au sérieux et en se moquant un petit peu des spectateurs. Une comédie est toujours plus appréciable lorsqu'elle est bien réalisée, magnifiquement bien jouée et quand elle s'éloigne des clichés romantiques/pathétiques/ridicules. Les acteurs sont flamboyants, mention spéciale pour les trois stewards, grandes folles dévergondées qui offrent au film l'une de ses plus belles scènes : la danse. 
La musique d'ouverture, La lettre à Élise de Beethoven hispanisée annonce le ton : un film folklorique dans la lignée de Femmes au bord de la crise de nerf ou d'autres comédies d'Almodovar qui s'amuse à s'auto citer en faisant référence à ces propres films dès qu'il le peut.
C'est The look deMetronomy, qui est en fond sonore pour les dernières minutes du film : bain de mousse, coming out à la pelle et bien sur, comme tout au long de l'histoire : du sexe à gogo !
Mais peut être faudrait-il dire deux mots de l'histoire :
Une panne technique pousse les pilotes du vol 2549 de la compagnie Península à annuler l’atterrissage au Mexique et à tourner dans le ciel d'Espagne en attendant qu'une piste soit libre pour effectuer une manœuvre qui risque de coûter la vie aux passagers. Les stewards et les pilotes, tous plus ou moins homosexuels, attachants et hilarants, essayent donc d'offrir aux passagers de la classe d'affaire (la classe éco est droguée et endormie pour l'occasion) un vol le plus agréable possible.
Une star du bondage paranoïaque (Cecilia Roth absolument grandiose), une pucelle trentenaire et sensitive (Lola Duenas), un couple de jeune marié, un mexicain mystérieux, un Don Juan et un homme d'affaire poursuivi par la justice et abandonné par sa fille occupent les siège de la business class. Cocktail explosif : L'Agua de Valencia, aphrodisiaque des années 70 auquel est ajoutée une bonne dose de drogue (mescalina) et d'euphorie, est servie aux passagers, aux stewards ET aux pilotes.
Alcool, drogue et autel de prière bouddhiste kitsch sont les seuls accessoires au milieu d'un avion minimisé mais chatoyant et de costumes simples aux couleurs hispaniques.
Ça sent la joie et le soleil !

L'Amérique est un autre monde. Trop de trop tue le trop. Harmony Korine tue tout.
Il tue le mythe du Spring Break et celui des jeunes filles immaculées de Disney Chanel. Elles ne sont même pas belles, dévaluées et résumées à des chiffres : James Franco (meilleur acteur du film, belle performance) les achète en les faisant sortir de prison, Disney les achète pour vendre ses Teen movies. Au contraire, Korine les sous paye, les sous traite. Dans une interview, Selena Gomez dit avoir travaillé dans des conditions aux antipodes des tournages de Disney : bouffe dégueu, pas de loge personnelle...Et oui ma jolie, le cinéma Trash indépendant américain (terme discutable...vu le budget du film et la campagne publicitaire sur les bus de Paris, on peut remettre en question le mot indépendant) paye moins que jouer dans...on ne sait pas trop quoi d'ailleurs.
Les seuls moments pendant lesquels les quatre héroïnes, cocaïnées de pacotille, sont belles et touchantes, c'est lorsqu'elles craquent, lorsqu'elles trouvent ça trop dur, que c'est trop, trop trash pour leur CV. Seules Brit (Ashley Benson, sûrement la meilleure actrice des quatre avec Rachel Korine) et Candy (Vanessa Hudgens) vont jusqu'au bout. Harmony Korine pousse le vice à son maximum, la dernière scène a quelque chose de tragique après tant d'actions. Sauf que le spectateur est déjà sorti du film quand Cotty (Rachel Korine) prend le bus. 1H32 c'est presque trop pour un concentré d'image acidulées, maillots de bain couleurs stabilos, boostés par des musique barbares et des drogues plus ou moins légères.
Au final on ne sait pas qui de la perplexité ou de l'insensibilité totale l'emporte après un tel bombardements d'American dream devenu bad trip total.

En sortant du cinéma, un seul sentiment m'habite : la perplexité.
Trop d'effets visuels, pas assez d'émotions disent les critiques. Non. Perplexité. Les effets visuels sont très beaux, surréalistes, assez Nouvelle Vague mais avec les moyens qu'offre le XXIème siècle. Alors n'est-ce pas plutôt ça la question : Le film ne reflète-t-il pas plus la désespérance et l'absurdité de nos jours plutôt que celle de l'époque de Jean Sol Partre, du jazz et autres fantaisies ? Les émotions sont là mais ne provoquent pas de réaction exagérées chez le spectateur. Le casting est alléchant, trop peut être, mais les acteurs s'adaptent au film, au livre, à Michel Gondry. L'univers est poétique, les dialogues automatiques, tout comme les personnages derrière les machines à écrire, fil rouge d'une histoire en décomposition.
L'adaptation de la période (je n'ai pas la prétention de dire l'adaptation du livre ne l'ayant pas lu) est réussie dans le sens où l'observation de la société est transposée et efficace, même plus de 50ans après la parution du roman (le regard critique sur la religion ou le thème du temps qui passe inéluctablement dont on ne se lasse presque pas par exemple). Et enfin l'amour de Colin et Chloé, intemporel, imparfait, tour à tour superficiel ou à l'état pur, reste touchant jusqu'au rétrécissement ultime de leur appartement, de leur vie.
Chronique revisitée à paraître après la lecture de l’Écume des jours de Boris Vian.

SÉRIE (catégorie exceptionnelle)

La série qui peut ruiner votre vie sociale, votre travail ou au contraire vous permettre de combler votre absence de vie sociale et de faire des pauses lors d'intenses révisions !
Alicia Florrick est la femme de Peter Florrick, procureur du comté de Cook (Chicago, Illinois). Ce dernier, plus ou moins piégé par ses adversaires, l'a trompé avec une prostituée. Tout comme Hillary Clinton, Alicia soutient son mari malgré les preuves irréfutables. Mais, femme au foyer depuis 13ans, elle décide de reprendre sa carrière d'avocate pendant que son mari purge sa peine afin de subvenir aux besoins de ses deux adolescents. Elle rejoint ainsi Lockart, Gardner & Stern, cabinet de son ancien camarade de Georgetown et ancien amour de jeunesse Will Gardner. En compétition avec Cary, jeune (beau) premier tout juste sorti de la fac de droit, elle défend ses clients et s'implique personnellement et émotionnellement dans chacune des affaires...
Bref, je pourrais vous raconter les 4 saisons, mais ça ne serait pas drôle, ça gâcherait le suspens. The Good Wife a quelque chose de spécial, des acteurs talentueux (Julianna Marguiles (Urgences), Chris Noth (Sex and the City), Matt Czuchry, Archie Panjabi dans le rôle de la troublante enquêtrice du cabinet, personnage le plus mystérieux et magnétique de la série... et tous les autres).
Mais The Good Wife permet aussi d'apprendre et de comprendre la justice (au combien incompréhensible) américaine mais aussi d’appréhender des sujets d'actualité (2 mois de décalage entre le tournage et la sortie de l'épisode) avec une approche différente. Elle permet également de comprendre la société américaine puisqu'en plus de couvrir le domaine de la justice, la série parle aussi de politique, de campagne électorale mais aussi de thèmes comme la religion (l'héroïne est athée, contrairement à la majorité des américains et à son mari).
On est pris dans le tourbillon des procès, des campagnes électorales, des histoires d'amour (inévitables). C'est la série qui a réunit, pour la première fois depuis longtemps, toute la famille sur le canapé de 20h à minuit... On se met alors à rêver de « civil court » dans lesquelles les personnages crient « OBJECTION your honor ! ».

FIVE STARS

Wes Anderson prouve avec ce conte extravagant que l'amour est possible à tout âge, qu'il peut être déraisonnable, passionnel et désespéré même quand on a 12ans. Sam et Suzy, deux enfants un peu déséquilibrés s'aiment et fuguent à travers une île ou deux de la Nouvelle Angleterre.
AVIS A LA POPULATION : Deux enfants disparus : Sam est orphelin, scout et peintre à ses heures perdues. Il porte un uniforme scout, un chapeau auquel est accrochée une queue d'animal à fourrure. Suzy porte une robe rose, des chaussettes montantes blanches, une valise jaune remplie de livres volés à la bibliothèque et un panier dans lequel repose un petit chat. Ils sont armés et potentiellement dangereux !
L'univers d'Anderson est fascinant, plein de détails farfelus. Les décors sont magiques et donnent envie de retourner en enfance, de partir en camp et d'habiter la grande maison de la famille Bishop (Bill Murray, père excentrique et Frances McDormand, mère infidèle et légèrement névrosée sont excellents). Les deux jeunes acteurs sont remarquables, ils sont à la fois très naïfs et tellement adultes dans leurs discours. Souvent les rôles sont inversés, les enfants agissent comme les parents et ces derniers se chamaillent comme s'ils avaient à nouveau 12ans.
On note également la présence rassurante de Bruce Willis en Capitaine Sharp, ce n'est pas un rôle de sauveur du monde mais presque...
La bande son est tour à tour hilarante (The Young person's guide to the orchestra de Benjamin Britten), touchante (Le temps de l'amour de Françoise Hardy), l'ambiance poétique et onirique n'en est que plus renforcée !

Encore un film qui rend heureux. Starbuck, surnom de David Wozniak lorsqu'il était donneur régulier dans une banque de sperme canadienne, apprend qu'il est père de 533 enfants dont 142 qui veulent connaître son identité. Tout d'abord réticent à l'idée de les connaître (sa copine est enceinte, il va être vraiment père), il ne peut résister à la tentation d'ouvrir l'enveloppe qui contient les profils de ses enfants. Devenu leur ange gardien, ils les suit jusque dans les réunions pendants lesquelles ils préparent le procès qui les opposera puisque david refuse de dévoiler son identité, même au nom du droit fondamental que revendiquent ses enfants : savoir d'où ils viennent.
Père d'un footballeur professionnel, d'un musicien du métro, d'une toxicomane dépressive, d'un jeune handicapé, d'un gothique dérangé...(On ne saurait les énumérer tous) le réalisateur dresse un portrait touchant de chacun d'eux. Le rapport au père n'est pas décortiqué mais simplement montré tel qu'il est, pas indispensable pour certains, vitale pour d'autres.
On sourit, on rit, on pleure presque. C'est un film d'amour, pas entre un homme et une femme (ni entre deux femmes ni entre deux hommes d'ailleurs) mais entre un père et ses enfants, entre les enfants eux mêmes (sans inceste hein!). Une belle leçon de vie, un bon moment à passer et surtout une bonne humeur assurée.

WOODY ALLEN

Prends l'oseille et tire toi de Woody Allen 1972 ****
Une bonne et franche rigolade, tout simplement. On retrouve Woody Allen à ses débuts, pourtant, le générique était déjà le même qu'il y a quelques années, quand il jouait encore dans ses films : film DE Woody Allen, AVEC Woody Allen, écrit PAR Woody Allen...Passons. Virgil est un voleur, il a fait de la prison, plusieurs fois même. Mais il fait 1m65 et possède la carrure d'un violoncelliste maladif. Amoureux d'une blanchisseuse trop belle pour lui, la chance lui sourit enfin, après plusieurs braquages ratés, quand elle accepte de l'épouser, de l'attendre quand il va en prison, de lui faire à manger (très mal d'ailleurs) et un enfant.
Plusieurs braquages s'enchaînent ainsi que plusieurs fuites de prison, plusieurs poursuite à travers les États-Unis. Il est classé ennemi public et devient un héros populaire : M. Tout le monde, l'homme le plus discret et le moins susceptible d'être suspecté est un bandit...de pacotille !
L'humour est au rendez vous, le ridicule du héros est à mourir de rire, il est à la fois hilarant et attachant.

Match Point de Woody Allen 2005 ***(*)
Un Woody Allen tiré aux quatre épingles : costumes et décors de la haute société anglaise. Tenue de tennis immaculée, couples de belles personnes (Scarlett Johansson, Emily Mortimer, Matthew Goode et Honathan Rhys-Meyers), richesse, réussite ; tout un amalgame pour cacher, pour justifier même, un crime d'intérêts déguisé en crime passionnel. Intrigue alambiquée assez ordinaire pour un Woody Allen décidément en forme. L’ambiguïté du héros est troublante, la tension est palpable tout au long du film. On est tenu en haleine.

INCLASSABLES

La Jeune fille à la perle de Peter Webber 2003 ****
Scarlet Johansson incarne à merveille la Joconde du nord aussi appelée la jeune fille au turban ou encore la jeune fille à la perle de l'illustre peintre Johannes Vermeer.
Les décors façon 17ème siècle sont très réalistes alors que l'histoire elle, ne l'est pas. Elle est adaptée du roman de Tracy Chevalier, pure fiction. Et pourtant c'est un beau conte, celui d'une servante sensible à l'art du maître et aux couleurs des nuages. Victime de sa beauté auprès des riches mécènes de Vermeer, auprès du touchant boucher dont elle s'amourache mais également auprès du peintre lui même (Colin Firth) fasciné par son modèle. Ce sont les images reconstruisant les tableaux qui sont les plus impressionnantes de par leur ressemblance avec les originaux. Les couleurs de la peinture sont transportées sur l'écran, rendant ainsi visible des œuvres dispersées dans la plus prestigieux musées d'Europe.

The Importance of Being Earnest d'Anthony Asquith 1952 **
Comédie du grand Oscar Wilde adaptée au cinéma... ou plutôt pièce de théâtre dans un décor authentique, filmée par une caméra. En effet le jeu des acteurs est très différent de celui de l'adaptation la plus récente (avec Colin Firth), très old birtish. On rit mais plus grâce à l'écriture que grâce à la mise en scène.

BLOCKBUSTERS

Avatar de James Cameron 2009 ***
Quoi de mieux pour inaugurer une télé 3D qu'Avatar et Bilbo le Hobbit ?
Moins spectaculaire qu'au cinéma l'histoire de Jake Sully reste captivante et touchante. Les paysages sont à couper le souffle et les cérémonies des Na'vi sont ensorcelantes, on a presque envie d'y être, de communier pour la résurrection de Grace dans son Avatar. C'est dans ces moments où lors des vols à dos de dragons aux noms bizarres que la 3D se révèle être indispensable...

The Hobbit, An Unexpected Journey de Peter Jackson 2012 ***
Premier d'une série de trois, un voyage inattendu permet aux fans du Seigneur des Anneaux un peu de changement sans pour autant être dépaysé. Le film est bourré de références à la fameuse saga. Gollum est toujours aussi effrayant, écœurant et...attendrissant. Le roi des Gobelins est juste immonde, on attend qu'une chose : que les nains lui découpent son quadruple menton plein de verrues. Les Orques sont encore plus laids qu'avant et malheureusement plus intelligents. La quête des petits hommes (nains et hobbit confondus) et du magicien culte (Gandalf) n'est pas aussi entraînante que celle de la Communauté de l'Anneau, mais elle a l'avantage de renouveler le stock de citations à sortir en cas de prise d'otage par des Trolls.

Star Wars Épisode IV - A New Hope de George Lucas 1977 ***(*)
Effets spéciaux vintage et ambiance bon enfant font qu'en voyant Star Wars pour la première fois à 18ans, on se sent à la fois un peu vieux et à la fois rajeunir... Le plus ancien de la série n'a, selon les connaisseurs, presque rien perdu de son charme. Pour les novices, il est plus difficile de ne pas sourire devant la prévisibilité des événements. On peut essayer d'y voir un message, une ode au bien qui se bat contre le mal, mais c'est un peu simpliste. Alors autant mettre l'intellectuel de côté et apprécier le film comme on l'aurait fait si on l'avait vu plus jeune.

1 mai 2013

J'ai vu (avril 2013) - Par Silvio de Vision Jeune


Silvio de Vision Jeune, notre partenaire, s'essaye au traditionnel "J'ai vu" de Our Degeneration.
Quatre films très politisés, quoi de plus normal pour un blogueur politique?!

J'ai vu (avril 2013) par Silvio

*A éviter sauf sous la torture
** Mais encore?!
*** Pas mal
**** Carrément ouais!
***** Fantastique, sublimissime...



RFA, années de plomb. Mené par Andreas Baader, un groupe de jeunes d'extrême-gauche se lance dans le terrorisme pour faire triompher la « cause du peuple ». La Fraction de l'armée rouge (RAF) fait exploser ses bombes dans les enseignes de grandes marques capitalistes pour demander le retrait de l'armée américaine « impérialiste » du Vietnam. Mais la violence monte, et c'est bientôt les ambassades américaines et les groupes de presse qui sont visés. Braquages, exécutions, entraînement au Proche-Orient avec les milices palestiniennes, ce groupe deviendra bientôt l'ennemi public numéro 1.
Un film historique remarquable, basé sur le livre de Stefan Aust, qui mêle parfaitement le climat de lutte, l'idéologie et le sentiment de groupe. C'est la description d'une époque où l'Allemagne de l'Ouest se cherche dans une Europe sans réel projet de société. Le couple Andreas Baader ( Moritz Bleibtreu) et Gudrun Ensslin (Johanna Wokalek), centre de gravité du groupe, est magnifiquement joué, émeut et dérange. Un film incroyable, à voir absolument.


Ex-RDA, de nos jours. Marisa (Alina Levshin), 20 ans, vivote dans sa petite ville, partageant son temps entre le magasin de sa mère où elle est caissière, et un groupe néo-nazi fanatique. Elle masque parfois la croix gammée tatouée sur son torse pour ne pas faire de vagues. Mais lorsque Svenja (Jella Haase), adolescente de 14 ans tente de se trouver une place dans ce groupe si réticent dans son idéologie à l'égalité homme/femme, Marisa se retrouve perturbée. D'autant plus qu'un jeune immigré afghan semble rechercher de plus en plus son aide...
Pour préparer ce film de sensibilisation, David Wnendt s'est immergé pendant deux ans dans les groupes de jeunes néo-nazis. Il a apprit à connaître leurs justifications, leurs idées, leurs situations. Il a cherché à être le plus près possible de cette triste banalité de l'attirance national-socialiste chez certains jeunes d'Allemagne. Plus que le jeu de Alina Levshin, c'est celui de Jella Haase qui est formidable et nous touche profondément. Enfin, le parti-pris de suivre des filles est particulièrement intéressant et s'éloigne des clichés, intriguant encore plus le spectateur.


Lorsque Victor (Félix Moati) emménage dans la capitale, ses parents lui disent bien : « Ne traîne pas trop dans le quartier ». Mais quand on a 25 ans et que l'on est fan de cinéma, il faut bien avouer que c'est difficile. C'est ainsi qu'il va rencontrer Jean-Lou, Yasmina et les autres de Télé Gaucho, un collectif de télévision alternative et déjanté. Leur doctrine est claire : de l'engagement, du hors-cadre, mais surtout pas de prise de tête ! Il rencontre Clara (Sara Forestier), exubérante et très -trop- motivée. Mais quand ses nouveaux amis apprennent que Victor est en stage à HT1, la grande chaîne de télévision, les rapports vont être bousculés.
Avec Télé Gaucho, Michel Leclerc reste dans la lignée de son désormais connu Le nom des gens, c'est à dire des comédies hilarantes et très simples. C'est un petit rayon de soleil, un rire franc et clair. On se laisse vite accrocher par les personnages si loufoques qui nous ressemblent tous au fond un peu. Mais derrière, même si pas assez développée, on trouve une réflexion sur les milieux libertaires, les adultes qui vivent encore dans l'enfance, la rébellion.


A la base un documentaire, Tous au Larzac raconte en mêlant subtilement interviews et images d'archives l'épopée incroyable de la lutte des paysans du Larzac contre l'extension du camp militaire voisin. De 1971 à 1981, les manifestations s’enchaînent, les collectifs de soutien fleurissent dans toute la France, la question locale devient un problème politique national. C'est une analyse en même temps qu'un récit, et ce qui était un documentaire se confond avec une histoire romancée. Un film qu'il est bon de voir aujourd'hui pour le mettre en relation avec le combat assez similaire à Notre-Dame des Landes. Il est cependant assez lent, et on peut trop facilement décrocher.

18 janvier 2013

Django Unchained - Quentin Tarantino

Django Unchained
Quentin Tarantino

La détermination de Django à retrouver sa femme est comparable à celle de Beatrix Kiddo à tuer Bill. C'est la même lueur de vengeance qui se lit dans le regard des deux personnages de Tarantino et c'est la même jubilation qui fait gonfler le cœur du spectateur lorsque le héros défie son ennemi, tout son corps tendu au combat, sur une musique majestueuse.
Dans ses plans parfaitement chorégraphiés, dans sa manière de faire gicler le sang on reconnaît le réalisateur et c'est avec un sourire qu'on accueille le film, comme un vieil ami qui réapparaît après plus de trois ans d'absence.
Aussi bon que les précédents et largement à la hauteur de nos espérances, Django Unchained, western plus Tarantinesque que spaghetti, semble comme un terrain de jeu pour grands enfants. Parmi eux, dans le camp des méchants, Calvin Candie (Leonardo DiCaprio) cruel mais crédule dans un rôle taillé pour les yeux malicieux et le sourire provocateur de l'acteur. Et dans le camp des gentils, King Schultz (Christoph Waltz) avec sa gaieté communicative et ses valeurs décalées dans l'Amérique de 1858, et bien sur, Tarantino lui même, qui a l'air de bien s'amuser à nous balancer au rythme des rebondissements de l'action.
Les dialogues sonnent justes, l'humour est franc et plus encore que dans Inglourious Basterds, l'engagement est grand et l'émotion poignante ! Les discours sur la liberté sont sincères et le faste de la mise en scène rend le message encore plus intense.
Quant à Jamie Foxx, moins loquace mais plus noir (sans mauvais jeu de mot) que les autres personnages il n'en est que plus impressionnant. Il se coule avec une facilité étonnante dans l'univers folklorique de ce cinéma grandiose. Sur son cheval, la tête haute, chapeau noir et lunettes rondes, il colle parfaitement à l'idée qu'on se fait du cow-boy triomphant. « I like the way you die boy. », parce que mourir dans un film comme celui-ci, c'est un sacré spectacle !


Synopsis : « Somewhere in the South of the USA ». 1858. Le Dr King Schultz, ex dentiste reconverti en chasseur de prime achète Django, esclave rebelle, pour trouver les frères Brittle. Et les tuer. En échange de ses services, l'allemand rend sa liberté à Django et décide de l'aider à retrouver sa femme, vendue séparément de lui au riche propriétaire d'une plantation, Calvin Candie. 2H44 de pure jouissance !




Mathilde

8 janvier 2013

J'ai vu (Fin 2012)

J'ai vu (Fin 2012) par Mathilde

*A éviter sauf sous la torture
** Mais encore?!
*** Pas mal
**** Carrément ouais!
***** Fantastique, sublimissime...
De très bons films, des BO absolument fantastiques... Ça méritait bien une petite playlist spécial "J'ai vu (Fin 2012)". Disponible ici (Deezer).

FIVE STARS (Catégorie bien remplie cette fois-ci!)


Indian Runner de Sean Penn 1990
*****
The Indian Runner ne se raconte pas, il se vit. Ne restent que des images : Le désespoir résigné de Joe. La moue ingénue de Dorothy. Et surtout, Frank (Viggo Mortensen) le visage enfumé, le regard bon mais le sourire mauvais.
1968, Joe et Frank sont frères, le premier vit tranquillement, devenu policier après la vente de sa ferme il essaye vainement d'aider le second qui revient du Vietnam, vadrouille entre prison et hôtel miteux cherchant désespérément un sens à sa vie, avec accrochée à lui, la jeune Dorothy.
Sean Penn créé un paradoxe entre la violence des images et la beauté qui s'en dégage, la tension est partout ou Frank apparaît, le regard de Viggo Mortensen hante l'ensemble du film. Et puis il y a cet Indien qui court, qui court pour grandir. Il y a encore cette chanson de Bruce Springsteen : Highway Patrolman, I got a brother named Franky and Franky ain't no good, scénario musical.

L'étoffe des héros de Philip Kaufman 1983 *****
Piloter un petit avion, traverser pour la première fois le mur du son au dessus des immensités américaines, boire un verre, remonter dans l'avion, aller toujours plus vite, tomber, se relever. Tout ça, c'est la classe absolue de Chuck Yeager (Sam Shepard).
De 1947 aux années 60, du franchissement du mur du son à la conquête spatiale on suit parallèlement l'histoire de Chuck et celle des sept premiers astronautes américains. Compétition de vitesse, préparation physique intensive, début de l'omniprésence des médias, angoisse des femmes de pilotes, John Kennedy, Krouchtchev, Guerre Froide...Le film fleuve couvre une multitude de sujet en apportant une belle réflexion sur le danger, la gloire et l'importance de la médiatisation.
A voir également du même réalisateur : L'insoutenable légèreté de l'être
A voir avec Sam Shepard : (acteur et scénariste) Don't come knocking de Wim Wenders, (scénariste) Paris Texas de Wim Wenders

Le discours d'un roi de Tom Hooper 2010 *****
Pour ma part j'ai toujours trouvé le bégaiement attendrissant, parfois même charmant. Mais il est vrai que quand on s'appelle George VI et qu'on doit prononcer un discours radiophonique d'entrée en guerre contre l'Allemagne, il vaut mieux avoir un bon orthophoniste pour régler le problème. Logue est l'homme de la situation et ses exercices originaux rendent les scènes de pratique hilarantes. La (presque) authenticité de l'histoire fait découvrir la monarchie anglaise et ses codes sous un angle légèrement plus intéressant que celui des médias qui commentent le dernier mariage en date par exemple... Le film humanise ce monde qu'on croit si lointain du notre et finalement, avant de raconter le combat d'un roi, le film parle du combat d'un homme. La photographie et la mise en scène sont précises et les trois acteurs principaux (Firth, Bonham Carter, Rush) sont « délicieux » !


Drive de Nicolas Winding Refn 2011 *****
Difficile d'être objectif face à un tel...film. Si peu de paroles, tant de frissons. C'est un déchaînement de force qui marche aux côtés d'une extrême douceur. Au final l'histoire a été vue, vue, vue et revue au cinéma, le scénario est plutôt habituel pour un bon film d'action. La particularité de Drive ? L'ambivalence du personnage, le charisme fascinant du Driver/Ryan Gosling. Les claviers vintages, l'electro-pop des années 80-90 et celle de Kavinsky apportent une touche planante à l'ambiance enivrante du film.

Le fabuleux destin d'Amélie Poulain de Jean Pierre Jeunet 2001 *****
Ça doit être la lumière du film...Ou peut être les couleurs. Le halo vert des gares, les toits orangés de Paris. Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain, c'est un vieil ami, un ami d'enfance qui rappelle des souvenirs chaleureux. La voix d'André Dussollier nous parle avec des images, des sensations, des odeurs et à chaque fois que mon chemin croise celui d'une crème brûlée ou d'un sac de grain, le petit sourire en coin d'Audrey Tautou s'impose à moi. A chaque visionnage, de nouveaux détails me sont dévoilés et la scène du baiser reste l'une des plus belles du cinéma français. Chaque personnage est unique, cliché mais dans le bon sens du terme puisqu'on a tous dans notre entourage une Mme Suzanne, une Georgette, un Lucien,un Collignon et au fond... On a tous un petit peu d'Amélie en nous.

FOUR STARS

Une éducation de Lone Scherfig 2009 ***(*)
Londres, 1960. Une lycéenne brillante rêve d'entrer à Oxford jusqu'à ce qu'elle rencontre un bel homme au métier un peu louche, un peu trop vieux pour elle, qui l’entraîne dans les soirées mondaines. Elle oublie peu à peu ses études, s'envole sur son petit nuage. L'atterrissage n'en sera que plus douloureux.
Une belle leçon sur l'émancipation des femmes, sur l'amour et même sur la famille.
Les décors et les costumes élégants sans être prétentieux sont mis en valeur par une photographie à la fois claire et rigoureuse. La lumière générale rend parfaitement bien l'atmosphère du passage de l'adolescence à l'age adulte.
Scénario de Nick Hornby (High Fidelity, Juliet Naked chroniqué ici)

Les bien aimés de ChristopheHonoré 2011 **** <-- Chronique déjà publiée

Submarine de Richard Ayoade2011 ****(*) <-- Chronique déjà publiée

Le Seigneur des Anneaux - Le retour du roi de  Peter Jackson 2003 ****

Je n'aurais pas du voir...

Friends with benefits (*)
Un gros navet. Et comme dans tous les gros navets, on se marre bien au début et on trouve la Happy End pitoyable de pathétique à l'américaine. Cliché, cliché, cliché. Sinon l'histoire, on s'en fou un peu, d'ailleurs y a-t-il vraiment une histoire ? Mais au cas vous voudriez quand même la connaître, c'est un mec qui débarque à New York pour être directeur artistique de GQ (Big cliché), sex entre amis avec la fille qui l'a accueilli à New York (Mila Kunis, jolie, branchée, bohème...Cliché!), ils arrêtent de coucher ensemble, ils sortent avec d'autres gens, ça ne marche pas, ils partent à LA dans la famille de Justin Timberlake (père Alzheimer, neveu bizarre, sœur protectrice...Clichés). Ils tombent amoureux, il refuse de l'admettre, elle se tire, il comprend pas, il finit par comprendre. Il se rend compte qu'il l'aime, il organise un flashmob (la ce n'est même plus du cliché, c'est du pur ridicule)  dans la grande gare centrale, ils s'aiment...Blablabla et cetera, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.
Moi cynique ?

6 janvier 2013

Tous les soleils - Chronique Cinéma par Silvio de Vision Jeune

Tous les soleils de Philippe Claudel


Alessandro [Stefano Accorci], professeur de musique baroque à l'université de Strasbourg, vit sa vie comme il le peut, entre le souvenir de sa femme morte il y a une quinzaine d'années ; son frère Luigi [Neri Marcorè], un doux révolutionnaire, réfugié italien, qui refuse de sortir de l'appartement tant que Silvio Berlusconi sera au pouvoir dans son pays ; et sa fille Irinia [Lisa Cipriani], 15 ans, qui grandit plus vite qu'il ne le souhaiterais.
Lecteur volontaire dans les hospices, il est affecté par la disparition de l'une de ses plus fidèles patientes: Agathe. En même temps, Irina va rencontrer un garçon de son âge, avec qui elle va découvrir les premières joies de l'amour. Alessandro, perdu, voit la relation avec sa fille se dégrader, les disputes se multiplier.
C'est dans cette ambiance folle et instable que tous vont essayer de changer les choses: Luigi en convainquant la postière du pouvoir qu'elle a de « mettre un grain de sable dans la machine », Alessandro en rencontrant la fille de sa patiente disparue, et Irina en voulant trouver quelqu'un pour son père.

Le film de Philippe Claudel, sorti en 2011, propose une histoire à la fois légère et humaine, tellement pleine de rebondissements que l'on serait bien incapable de prévoir la scène qui va suivre. Tout en rires et en amour, il aborde des thèmes difficiles, comme le veuvage ou l'adolescence. La musique, très présente, se divise entre les classiques baroques préférés de Alessandro, et les musiques populaires italiennes pleines de vie. On suit avec plaisir les personnages bouillants de sentiments, un peu fou, interprétés de manière astucieuse.
Ce n'est pas une révolution cinématographique, un chef d’œuvre d'humour ou d'interprétation, mais on en sort reposé et avec un petit sourire au coin des lèvres.

Silvio de Vision jeune

 

1 décembre 2012

Once - Chronique cinéma par Silvio de Vision Jeune



WANTED

Once
(race : film genre : androgyne)

Échappé dans les cinémas d'Irlande le 23 mars 2007

Le suspect est extrêmement dangereux : ceux qui l'ont vu une fois ont par la suite tout fait pour le revoir. Il est aussi précisé que ses victimes se sentent obligées de mettre toute la BO sur leurs MP3 !

La musique qu'il diffuse peut vous rester dans la tête plusieurs mois après vision !

Il échappe aux règles habituelles : il a été produit avec un budget très faible, et tous les participants à sa création sont des volontaires.

Les acteurs n'en sont pas : ce ne sont à la base que de simples musiciens !

On peut se laisser berner par son histoire d'amour traditionnelle, mais qui cache en fait l'union d'un homme, d'une femme, et de la musique (à la fois!).

Il fait des ravages partout où il passe ! Prenez garde !


Ceci est un message de l'institut national de la protection des amateurs de mauvais films (INPAMF) et de l'association des fans de musique nulles (AFMN).


30 août 2012

J'ai vu (Printemps - Eté)

J'ai vu (Printemps - Été) par Mathilde

*A éviter sauf sous la torture
** Mais encore?!
*** Pas mal
**** Carrément ouais!
***** Fantastique, sublimissime...

Les sorties de l'été


Annalisa / Il paese delle spose infelici de Pippo Mezzapesa 2012 *****
Il est beau le pays des épouses malheureuses, l'Italie du sud et ses couleurs estivales. Avec une histoire, certes peu originale, mais qui a le mérite d'être sans prétention, Pippo Mezzapesa, le réalisateur, redonne de l'authenticité à la chronique adolescente.
Veleno (« poison »), issu d'une famille aisée et Zazà, jeune footballeur des quartiers populaires, 15ans, dépassent leur statut sociale et deviennent inséparables. Jusqu'à leur rencontre avec Annalisa, beauté hypnotique, fausse fille facile, fille à problèmes.
Sur un fond pop rock un trio amoureux platonique (ou presque) se développe, évolue, explose soudainement. Trop court, trop frustrant. Une petite heure et demie de fraîcheur, d'italien, de vie.

Dark Shadows de Tim Burton 2012 ***(*)
Histoire vampiresque aux antipodes de Twilight. Sous un scénario simple qui frôle parfois le cliché, la joyeuse bande d'acteurs menée par Johnny Depp, pantin de Tim Burton, s'embarque dans une sombre comédie burlesque. Prévisible mais bien menée la fin laisse le spectateur rassasié de vampires et autres créatures. Eva Green et Helena Bonham Carter restent, à ce jour, deux des meilleures actrice rapport qualité/beauté.

Sur la route de Walter Salles 2012 ****
Belle surprise qui rend Kristen Stewart moins transparente et presque supportable et surtout, qui donne envie de lire le livre.
Énorme surprise qui confirme que Sam Riley est un grand acteur et qui révèle Garrett Hedlund dans le rôle du « héros idéal » qu'il n'a aucun mal à interpréter. Son physique, sa mentalité, même sa voix semblent avoir été fait pour le film.
Pas de déception à avoir quand on a pas lu le livre. On profite juste de ces belles images, des cadrages et d'une photographie authentique.

Men in Black 3 de Barry Sonnenfeld 2012 **
Bon, les blockbusters américains c'est pas mon truc. Mais de temps en temps on se laisse aller. On passe un bon moment et on oublie...On oublie presque de quoi ça parle, on retient surtout Will Smith et son petit gadget plutôt utile quand on y réfléchi...Dont j'ai aussi oublié le nom.

The Amazing Spiderman (3) de Marc Webb 2012 **
Bon, les blockbusters américains, c'est vraiment pas mon truc. Mais une deuxième fois de temps en temps, on se laisse traîner. Il faut avouer que celui là était meilleur que le dernier Spiderman que j'avais vu (celui avec Kirsten Dunst), en plus le super héros a l'air vraiment intelligent et en devient presque attachant. L'Eduardo Saverin de The Social Network (celui qui joue aussi Spiderman, au cas ou vous soyez un peu perdu) a bien joué son coup. Divertissant.


Les blockbusters

Titanic de James Cameron 1997 ***
Après un peu plus de 17ans d'existence il fallait quand même finir par voir LE film culte. Maintenant, on ne me regardera plus avec des yeux tout ronds « T'as pas vu Titanic ?! ».
Verdict : Léonardo Dicaprio est plutôt agréable à regarder, bien que très niais dans le film, Kate Winslet est comme d'habitude : époustouflante. L'histoire d'amour est pathétique, l'histoire du naufrage beaucoup moins. Effectivement c'est un film à voir...une fois.

Inception de Christopher Nolan 2010 ****
Coup de cœur pour un scénario précis et envoûtant et des effets spéciaux à tomber par terre bien que destinés à épater la galerie. On ne rêve plus de la même façon après avoir observé Léonardo Dicaprio et son équipe manipuler l'univers onirique de tout un chacun. Ellen Page est lumineuse et Marion Cotillard effrayante. Seul regret, la fin très « blockbuster américain » qui enlève du charme à ce film d'action intelligent.


Pirates des Caraïbe 4 de Rob Marshall 2011 *(*)
Malgré son casting plutôt alléchant et des acteurs toujours aussi doués, le film ne décolle pas plus que les deux derniers. Même les « blagues » de Jack Sparrow se noient (jeu de mot à leur image). Tant pis.


Les autres (sûrement ma catégorie préférée)

Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears 1989 ***
Belle adaptation d'un roman pourtant difficile à interpréter. Stephen Frears place d'emblée son opinion, Valmont et Merteuil sont diaboliques. Malkovich et Glenn Close ne peuvent que servir leur rôle pervers et démoniaque. Très sensuel et provocateur, le film manque d'un soupçon de subtilité, clé essentielle du livre.

De l'autre côté de Fatih Akin 2007 ***(*)
Très loin du dernier film de Fatih Akin, De l'autre côté est plus du côté de Ken Loach que du côté comédie hype de Soul Kitchen.
Entre Hambourg et Istambul, histoires politiques se mêlent aux histoires économiques et amoureuses de six personnages de nationalité et de génération différente. Poursuite, perte, ils cherchent tous quelque chose pour finir par en trouver une autre. La mort ? La vie ? Un peu des deux sûrement.


Tierra y libertad/Land and Freedom de Ken Loach 1995 ***(*)
Un vieil homme meurt, ses souvenirs restent pour sa petite fille. La guerre d'Espagne, la lutte, la fraternité entre les peuples, l'amour. Tout y est et le résultat donne une image émouvante de cette période. Sans être un documentaire, on en ressort instruit.


Le Patient anglais (Oscar du meilleur film 1997) de Anthony Minghella 1996 *****
Fin de la seconde guerre mondiale, une infirmière de la croix rouge (Juliette Binoche dans toute sa splendeur, oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour ce film) s'arrête dans un monastère pour attendre la fin du Patient Anglais, homme mystérieux, brûlé jusqu'au cœur. Flashback après flashback, le temps est remonté à la veille de la guerre. Ici commence l'une des plus belles histoires d'amour du cinéma. Ralph Fiennes en géographe bourru et solitaire et Kristin Scott Thomas, femme d'un photographe forme le couple aux étreintes les plus passionnels et désespérées qu'il puisse exister. La Toscane, le désert, des paysages à couper le souffle, la beauté, tout simplement.

Whatever Works de Woody Allen 2009 ***
Optimistement drôle, le film n'est pas comme trois des cinq derniers films de Woody Allen, un guide touristique d'une ville européenne. Et pourtant New York, à travers les yeux de ce vieil homme, suicidé raté, angoissé (etc), paraît plus comme Paris, Rome ou Barcelone que comme la capitale des gratte ciels. L'histoire est un joyeux cercle d'actions qui semblent se répéter tout au long du film. Une jeune fugueuse se réfugie chez un vieil homme, il tombe sous le charme, ils se marient, et la débutent les problèmes. Des décennies de différence d'âge ne s’effacent pas si facilement...
Rafraîchissant, le film n'est pas le chef d’œuvre de son réalisateur mais reste assez à son image pour se fondre dans sa filmographie.

Quand Harry rencontre Sally de Bob Reiner 1989 ***(*)
Comédie sentimentale ou amicale ? Telle est la question que pose le film. L'amitié homme/femme est-elle possible sans arrières pensées sexuelles ? On suit donc 12ans de la vie de Harry et Sally qui tout d'abord, se détestent et finissent par devenir amis (et plus avec les affinités). Leur personnalité est attachante, l'attitude coincée à première vue de Sally et l'humour grinçant d'Harry créé une bulle de charme autour de ce couple improbable. Utile pour passer un bon dimanche soir !

4 août 2012

Laurence Anyways - Xavier Dolan



Comment exprimer cette sensation de plénitude qui fait qu'on ressort des étoiles dans les yeux après 2h40 d'explosions d'images ?
Laurence Anyways exsude la liberté autant dans la mise en scène que dans l'histoire de Laurence, homme qui veut être femme, et de tous les personnages qui l'accompagnent dans sa métamorphose.
Le film est un spectacle complet : la musique (toujours aussi éclectique que dans les films précédents) accompagne les scènes les plus théâtrales. A se demander même si par moment, le film n'est pas un clip vidéo, concentré d'images cinématographiquement incorrectes.
L’esthétisme est travaillé à la perfection, les plans au ralentis sont toujours aussi spectaculaires.
Le spectateur est subjugué par l'univers vintage/kitsch poussé à l'excès (rencontre avec les vieilles chanteuses) mais aussi par les couleurs qui illuminent tous les détails du film.

Laurence, professeur de littérature en fac, trente ans, essaye de vivre mieux que les autres avec sa compagne, Fred en contestant les codes de la société. Jusqu'au jour où il décide de suivre son instinct et de devenir femme. Il bouleverse alors son couple, sa mère, son travail ; sa vie, et devient celle qu'il devait être. Métamorphosé en trans' façon Almodovar, Laurence reste Laurence : Laurence Anyways.
C'est la conquête de son nouveau « elle » et la reconquête de Fred qui commence.
Plus que le transsexualisme, l'amour et ses difficultés est le centre du film.
Les acteurs sont formidables, Melvil Poupaud...est très belle, Suzanne Clément est électrique dans son désespoir, Monia Chokri hilarante dans son rôle de lesbienne punk qui essaye d'avoir le monopole de la folie et Nathalie Baye très convaincante dans son rôle de mère.

Mathilde


Après J’ai tué ma mère et Les amours imaginaires, Xavier Dolan frappe encore. En plein cœur. On retrouve tout ce qui fait la singularité du jeune cinéaste : ralentis, gros plans insignifiants, musique électrisante, costumes somptueux. Cette fois-ci, on est subjugués. Les yeux rivés sur l’écran. Comme dans ses films précédents, la musique est indissociable des images. Ici, s’enchevêtrent Beethoven et Vivaldi, Depeche Mode et The Cure, Fever Ray, Duran Duran… La limite entre clip et film se brouille alors, et de micro-scènes semblent s’insérer dans l’intrigue principale. Dolan a su mêler adroitement images et réflexion, instaurant un équilibre rassurant, le parti pris esthétique n’obscurcissant aucunement la trame. Melvil Poupaud est fascinant et se fond dans son rôle avec une aisance déconcertante. Avec Fred, interprétée par Suzanne Clément, déjà remarquable dans le rôle d’une prof de français dans J’ai tué ma mère, Laurence forme un couple tranchant, spontané. Les rires fusent, l’énergie déborde, il y a dix ans. Puis les regards. Des autres. Laurence décide de devenir une femme et sa transformation sera suivie de près par son entourage. Sa femme, sa mère. Ses collègues, ses élèves. Sa traversée du lycée et sa silhouette glissant sur le sol ; les regards méprisants-étonnés-moqueurs qui se posent sur sa nuque. Rien n’est laissé au hasard, le moindre bruissement, le moindre froissement d’étoffe apparaît comme savamment étudié, mis en scène, parfois jusqu'à outrance.
Laurence évolue, se métamorphose, l'amour aussi. Long, le film n'en demeure pas moins captivant, tant les dialogues sont tranchants et les acteurs époustouflants.
Xavier Dolan confirme, une fois de plus, son talent. De quoi son prochain long-métrage aura-t-il l’air ? Renouvellera-t-il les thèmes qui lui sont chers ? Car Laurence Anyways semble clore un cycle, et être à l’aube d’un nouveau départ, d’une mutation.

Léa

3 avril 2012

J'ai vu (Fin hiver-début printemps)


J'ai vu (Fin hiver-début printemps) par Mathilde

*A éviter sauf sous la torture
** Mais encore?!
*** Pas mal
**** Carrément ouais!
***** Fantastique, sublimissime...


Les Amours Imaginaires de Xavier Dolan 2010 *****
Bijou du cinéma contemporain. Xavier Dolan est un génie des plans au ralenti. Tout est beau, tout est parfait dans son film, lui, Niels Schneider et Monia Chokri compris. Sur une BO variée (reprise de Bang Bang par Dalida, Indochine, France Gall, Bach) les personnages évoluent dans un univers vintage et créent autour d'eux une histoire d'amour pleine de charme. Un trio amoureux étrange et follement attachant. C'est la première fois que je trouve l'accent Québécois sexy. Entrecoupé de scènes de séance de psy hilarantes, le film passe presque trop vite.

Oh my god de Tanya Wexler 2011 ***
L'invention du Sex Toy en costume d'époque ? Oui c'est bien possible. Les acteurs surjouent (mal), les anachronismes s’enchaînent, Charlotte tient un discours féministe exagéré, toutes les actions sont prévues une demie heure avant qu'elles ne se passent à l'écran. Et pourtant c'est drôle. Aucune blague de mauvais goût, juste des sous entendus à mourir de rire. Si le film n'a aucune portée politique (le plaisir des femmes en sujet principal aurait pu être porteur de messages) il fait en revanche l'effet d’antidépresseur. L'humour anglais est toujours aussi délicieux. Dommage que le reste soit si décevant.

L'illusionniste de Sylvain Chomet 2010 ****
Après les Triplettes de Belleville, c'est avec l'histoire d'une rencontre entre un vieil Illusionniste dépassé par le succès des groupes de rock et une jeune écossaise que Sylvain Chomet enchante les amateurs de films d'animation. Les dessins sont sont captivants et les personnages en deviennent touchants.
Le 5ème élément de Luc Besson 1997 *****
Combien de fois ai-je vu ce film ? 50 ? Plus ? Sûrement. Pas besoin de vous faire un dessin. Chaque réplique est devenue une phrase culte. Derrière sa façade de Blockbuster américain, le 5ème élément reste un concentré de bons acteurs (Mila Jovovich et Gary Oldman pour ne citer qu'eux), de bonne musique (voir la scène de la Diva Plavalaguna) et de scènes délirantes. Ce film illumine mes dimanche soirs...

Across the univers de Julie Taymor 2006 ***
Psychédélique. Affreusement fou. Le film produit un effet assez intéressant. En revanche les points faibles sont trop évidents pour classer Across The Universe dans la catégorie des films cultes. Explications : Les reprises des Beatles autour desquels le film entier est tourné sont pour la plupart d'entre elles mauvaises. Les acteurs chantent des chansons magnifiques comme des stars de karaoké désuets. Le film se voudrait descriptif du mouvement peace and love, hippie, il n'est qu’enchaînement de clichés de l'époque. Dommage, une histoire basée sur les chansons du groupe le plus connu de tous les temps avait beaucoup de potentiel.

The Others/Les Autres/Los Otros de Alejandro Amenabar 2001 ***(*)
Il faut croire que certains réalisateurs aiment jouer avec nos nerfs. La première scène de The Others en est la preuve. Un cri. D'effroi. Et tout au long du film ce sont des petits frissons de peur qui vous parcourent la colonne vertébrale. Ok j'exagère. Mais c'est quand même un peu flippant cette histoire de morts, de vivants, d'esprits, etc... Bon après tout. Ce n'est qu'un film. Outre son coté angoissant, le film est d'une simplicité extrême, les décor et les costumes sont sobres et se prêtent parfaitement au jeu des acteurs. Nicole Kidman est juste bluffante.

Invictus de Clint Eastwood 2009 ****
Vous aviez l'habitude des matchs de Rugby à la télé, et bien vous allez être surpris. La manière dont les Rugbyman sont filmés dans ce biopic est assez incroyable. On a presque envie de s'y mettre...Presque. Nelson Mandela=sujet parfait donc Invictus=leçon de vie.

Harem de Arthur Joffe 1985 ****
Nastassja Kinski ou l'art de sublimer un film en un seul regard. Une jeune New Yorkaise, égarée dans Wall Street se fait kidnapper par un riche prince arabe qui la garde dans son harem perdu dans le désert. Elle a peur, elle rage, jusqu'à ce qu'elle fasse la connaissance de son ravisseur, éperdument amoureux d'elle, romantique dans l'âme. On se perd entre les paysages orangés, désertiques et les grattes ciel de NY. L'ambiance est étrange, bizarre, lente, le film en devient intriguant et plutôt passionnant (si on ne s'endort pas).

Land of plenty de Wim Wenders 2003 ****
Los Angeles. L’Amérique, paranoïa de l'après 11 septembre dans toute sa splendeur. Un vieux rescapé de la guerre du Vietnam passe ses journées à espionner « les arabes », « les noirs » persuadé qu'il finira par arrêter un terroriste. Sa jeune nièce, fraîchement arrivée d'une mission humanitaire au moyen orient aide les plus démunis. Les deux personnages, opposés en tout point, vont apprendre à se connaître et finiront par construire un semblant de relation. Bouleversant mentalement, politiquement et émotionnellement.

Le péril jeune de Cedric Klapisch 1994 ***
« L'homme descend du singe, Tomasi est un homme, Tomasi ne descend pas du panier de basket ». Provocation. Les années lycée (« - Tu sais qu’ils vont fermer le foyer l’année prochaine ?
- Pfff, ils feraient mieux de fermer le lycée ! ») d'une bande de potes en 1976, reunis 10ans après pour l'accouchement de la femme de l'un d'eux, mort d'une overdose quelques semaines plus tôt.
Sex (« Humm c’est hot, c’est hot dog, c’est hot saucisse, saucisse, saucisse... » , drug (beaucoup de drogue), rock and roll (BO géniale), révolution (« Bon bah nous on va créer le « Club hommes », et comme on est ouverts d’esprits, vous les femmes aurez le droit de rentrer », « Au fait, c’est quoi la lutte des classes ? », « Chômons dès aujourd’hui pour mieux chômer demain ! »), amour (« - Et moi je l’aime et elle, elle s’en fout...- Tu lui as dit ?- De quoi ?- Que tu l’aimes !- Non.- Ah ! T’as raison de me le dire à moi, tiens ! »)...
Beaucoup plus intelligent que LOL...Et puis, il faut l'avouer, Romain Duris est charmant.



Dans ses yeux/El secreto de sus ojos de Juan José Campanella 2009 ****(*)
Thriller argentin bouleversant. Une leçon de vie, une belle histoire d'amour, des acteurs splendides, une intrigue époustouflante. Du sang, des larmes, des sursauts, du rire. Une réussite.
Un agent fédéral à la retraite écrit un roman sur une affaire qui le hante depuis plus de 20ans (le viol suivi du meurtre d'une jeune institutrice). Ses souvenirs sont mêlés au présent, le spectateur est happé par l'enquête jusqu'à sa fin magistrale.

Roberto Succo de Cedric Kahn 2000 *(*)
Film quasi documentaire sur la poursuite du criminel psychopathe italien. Atroce parce qu'il est inspiré de faits réels, mais inintéressant au point de vue du jeu des acteurs, des dialogues et des plans.

Skins de Jamie Brittain saison 4 et 6 *****
Saison 4 : La descente aux enfers d'Effy et toujours ces mêmes sujets qui nous hantent une fois l'épisode fini : sex, drug, love, drug...
Saison 6 : Portée par des acteurs touchants et plutôt doués, la saison est franchement sublime. L'équipe de scénaristes réussi un renouvellement des sujets tout en restant dans le style dépravé qui fait le charme des saisons précédentes. Pleine de rebondissements et de suspens, on attend les épisodes chaque semaine !