Silvio de Vision Jeune, notre partenaire, s'essaye au traditionnel "J'ai vu" de Our Degeneration.
Quatre films très politisés, quoi de plus normal pour un blogueur politique?!
J'ai vu (avril 2013) par Silvio
*A éviter sauf sous la torture
** Mais encore?!
*** Pas mal
**** Carrément ouais!
***** Fantastique, sublimissime...
RFA, années de plomb. Mené par
Andreas Baader, un groupe de jeunes d'extrême-gauche se lance dans
le terrorisme pour faire triompher la « cause du peuple ».
La Fraction de l'armée rouge (RAF) fait exploser ses bombes dans les
enseignes de grandes marques capitalistes pour demander le retrait de
l'armée américaine « impérialiste » du Vietnam. Mais
la violence monte, et c'est bientôt les ambassades américaines et
les groupes de presse qui sont visés. Braquages, exécutions,
entraînement au Proche-Orient avec les milices palestiniennes, ce
groupe deviendra bientôt l'ennemi public numéro 1.
Un film historique remarquable, basé
sur le livre de Stefan Aust, qui mêle parfaitement le climat de
lutte, l'idéologie et le sentiment de groupe. C'est la description
d'une époque où l'Allemagne de l'Ouest se cherche dans une Europe
sans réel projet de société. Le couple Andreas Baader ( Moritz
Bleibtreu) et Gudrun Ensslin (Johanna Wokalek), centre de gravité du
groupe, est magnifiquement joué, émeut et dérange. Un film
incroyable, à voir absolument.
Ex-RDA,
de nos jours. Marisa (Alina Levshin), 20 ans, vivote dans sa petite
ville, partageant son temps entre le magasin de sa mère où elle est
caissière, et un groupe néo-nazi fanatique. Elle masque parfois la
croix gammée tatouée sur son torse pour ne pas faire de vagues.
Mais lorsque Svenja (Jella Haase), adolescente de 14 ans tente de se
trouver une place dans ce groupe si réticent dans son idéologie à
l'égalité homme/femme, Marisa se retrouve perturbée. D'autant plus
qu'un jeune immigré afghan semble rechercher de plus en plus son
aide...
Pour
préparer ce film de sensibilisation, David Wnendt s'est immergé
pendant deux ans dans les groupes de jeunes néo-nazis. Il a apprit à
connaître leurs justifications, leurs idées, leurs situations. Il a
cherché à être le plus près possible de cette triste banalité de
l'attirance national-socialiste chez certains jeunes d'Allemagne.
Plus que le jeu de Alina Levshin, c'est celui de Jella Haase qui est
formidable et nous touche profondément. Enfin, le parti-pris de
suivre des filles est particulièrement intéressant et s'éloigne
des clichés, intriguant encore plus le spectateur.
Lorsque
Victor (Félix Moati) emménage dans la capitale, ses parents lui
disent bien : « Ne traîne pas trop dans le quartier ».
Mais quand on a 25 ans et que l'on est fan de cinéma, il faut bien
avouer que c'est difficile. C'est ainsi qu'il va rencontrer Jean-Lou,
Yasmina et les autres de Télé Gaucho, un collectif de télévision
alternative et déjanté. Leur doctrine est claire : de
l'engagement, du hors-cadre, mais surtout pas de prise de tête !
Il rencontre Clara (Sara Forestier), exubérante et très -trop-
motivée. Mais quand ses nouveaux amis apprennent que Victor est en
stage à HT1, la grande chaîne de télévision, les rapports vont
être bousculés.
Avec
Télé Gaucho, Michel Leclerc reste dans la lignée de son désormais
connu Le nom des gens, c'est à dire des comédies hilarantes
et très simples. C'est un petit rayon de soleil, un rire franc et
clair. On se laisse vite accrocher par les personnages si loufoques
qui nous ressemblent tous au fond un peu. Mais derrière, même si
pas assez développée, on trouve une réflexion sur les milieux
libertaires, les adultes qui vivent encore dans l'enfance, la
rébellion.
A la base un documentaire, Tous au
Larzac raconte en mêlant subtilement interviews et images d'archives
l'épopée incroyable de la lutte des paysans du Larzac contre
l'extension du camp militaire voisin. De 1971 à 1981, les
manifestations s’enchaînent, les collectifs de soutien fleurissent
dans toute la France, la question locale devient un problème
politique national. C'est une analyse en même temps qu'un récit, et
ce qui était un documentaire se confond avec une histoire romancée.
Un film qu'il est bon de voir aujourd'hui pour le mettre en relation
avec le combat assez similaire à Notre-Dame des Landes. Il est
cependant assez lent, et on peut trop facilement décrocher.
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